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Le Snarr alerte sur les dangers d’une triple crise

, mis à jour le 09/10/2026 à 11h55
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SNARR 3

Le Snarr dénonce une accumulation de crises menaçant la restauration rapide : recul de la consommation, enjeux climatiques et réglementation croissante. Avec 5 000 fermetures d'établissements en 2026 et 300 000 emplois en jeu, le secteur presse le gouvernement de réviser sa fiscalité, notamment la taxe sucre envisagée.

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S40 S41 MEGA BANNER SIAL
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L’assemblée générale du Snarr s’est tenue le 6 octobre 2026. Romain Girard, réélu à la présidence du Syndicat national de la restauration rapide a alerté sur les difficultés grandissantes auxquels sont confrontés les acteurs du secteur. Devant un large auditoire, réuni dans l’auditorium du Musée national de la Marine, à Chaillot (Paris, 16e), le président a énuméré les problèmes : crise de la consommation et du pouvoir d’achat ; crise climatique et crise réglementaire. « Nous sommes un acteur majeur du quotidien. Nous accompagnons les Français dans leur quotidien et nous faisons vivre l’Agriculture française. Assis ou pas assis, la frontière est de plus en plus tenue et elle finira par disparaître, la restauration rapide est au service des Français », déclare Romain Girard. Et de rappeler le rôle du secteur dans la vie économique du pays, notamment en matière d’emplois : « 5 000 fermetures d’établissements en 2026 ce sont 10 emplois par unités qui sont concernés ».

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SNARR PAPIN

Un rôle prépondérant, confirmé par le ministre du Travail Serge Papin, qui a introduit la séance lors d’une allocution filmée : « 300 000 personnes travaillent dans le secteur. La restauration rapide est le premier employeur privé des jeunes », confirme-t-il.
Et d’assurer son soutien au secteur pour porter leurs revendications lors du PLF 2026, notamment sur la taxe sucre, que le gouvernement envisage d’étendre à l’ensemble des produits sucrés. Le ministre a aussi rappelé la volonté du gouvernement de « simplifier la vie économique, une loi pensée pour et par les entreprises. Le travail doit payer : le salaire net doit se rapprocher du brut », déclare-t-il.

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SNARR 2 TABLE RONDE


L’assemblé générale s’est poursuivi par une table ronde animée par Wendy Bouchard. Les intervenants étaient Jérémy Robiole de Xerfi, François Blouin, Food Service Vision, Julien Gantheret, restaurateur indépendant, fondateur du groupe Galika et Morgane Piromalli, franchisée McDonald’s.
Xerfi : un bilan contrasté pour la restauration rapide
En 2024, le chiffre d’affaires du secteur a été de 53,6 Md€.Chaque emploi créé génère 1,3 emploi indirect. 30 Md€ sont générés par l’activité. (Réunis les filières aéronautiques, navales et ferroviaires représentent 190 000 emplois contre 303 850 emplois pour la Rapide).

Un résultat en volume en baisse
« Le chiffre d’affaires est trompeur : en volumes et à périmètre constant, l’activité est en baisse de 0.5 %. Le résultat net de la filière a perdu entre 2 et 3 points depuis 2018. Près de 50 % des restaurants sont en situation financière précaire. 30 % sont en dessous de la rentabilité », précise Jérémy Robiole, de Xerfi. 
Les procédures de redressement et liquidation bondissent
Les procédures collectives de redressement et de liquidation bondissent depuis 2024. « En 2026, elles sont en augmentation de 26 % et auront été doublées cette année », décrit l’analyste.

Le poids réel des contraintes réglementaires
- La réforme des Titres Restaurants a engendré un manque à gagner de 260 M€ en 2026. En 2027, il se chiffrera à 405 M€ ;
- La taxe Soda engendre un surcoût de 45 M€ et une hausse de prix en moyenne de 3 % ;
- L’augmentation du Smix de 2,42 % et le gel des allègements de charges a eu un impact qui pèse 130 M€ de coût suppléméntaires.

Une fréquention sous pression
Un constat confirmé par François Blouin qui a analysé la consommation durant la période estivale (lien article JC). « La fréquentation est sous pression. 1 français sur deux arbitre désormais ses choix au restaurant ; 40 % des déjeuners des actifs se fait en hors domicile et depuis le début de l’année, le hors domicile (tout secteur confondu : commerciale, rapide, collective) est atone. Cependant les indépendants, s’en sortent mieux, du fait des ouvertures avec une croissance de 3 % contre -2 % pour les chaînés. » 

Confrontation des modèles
Bubble tea, crousty, coffee-shop, master poulet... si le parc progresse avec 4 656 ouvertures, la concurrence est féroce et les différents modèles s’affrontent. « Les jeunes n’hésitent pas à s’acheter un matcha à 6 € mais se plaignent de ne pas avoir d’argent pour déjeuner », constate Julien Gantheret.

Rebond de la livraison
Avec une croissance de 5 % la livraison a repris des couleurs (effet coupe du monde et canicule ?) ; « elle reste une canal dynamique », précise l’expert ; tandis que la VAE et le sur place régressent : - 4 % et – 2%. « Avec la canicule, on est passé à l’heure espagnole », s’exclame François Blouin, repris par Julien Gantheret : « l’heure grecque ! ».

Le McDo, le nouveau restaurant

Le sociologue Jean-François Cassely apporte sa pierre à l’édifice et précise que selon lui « le McDo est devenu le restaurant traditionnel. Les ouvertures sont hiératiques et l’innovation est telle qu’il y a différents types d’entrepreneurs et de restaurations. Les fast-foods sont la nouvelle normalité », déclare l’auteur de « Nous les Français ! ».
Et Romain Girard de conclure : « Il nous faut les mêmes règles pour tout le monde. On va parler beaucoup plus fort et se faire entendre ! ».

Myriam Darmoni est rédactrice en chef de Zepros Snack. Elle suit tout l’univers de la restauration rapide et du snacking.
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