Franck Chaumès élu à la tête de l'Umih
Franck Chaumès succède à Thierry Marx à la présidence confédérale de l’Umih. Le restaurateur bordelais et Valentin Prudon, élus à la majorité, affichent deux priorités : renforcer le poids de l'organisation auprès des décideurs publics et protéger la rentabilité des établissements face à la multiplication des contraintes réglementaires et aux déséquilibres de concurrence.
Une nouvelle page s’ouvre pour l’Umih (Union des métiers de l’hôtellerie restauration). Mardi 13 octobre, Franck Chaumès a été élu à la présidence confédérale de l’organisation, succédant ainsi à Thierry Marx. Restaurateur et président de la branche nationale restauration depuis 2023, il conduira l’organisation avec Valentin Prudon, élu vice-président confédéral. Le duo a été élu à la majorité des présidents des départements et des syndicats associés.
Issu d’une famille de professionnels de la restauration depuis quatre générations, Franck Chaumès développe plusieurs établissements depuis 1990, notamment à Bordeaux et sur le bassin d’Arcachon. Il préside l’Umih Gironde depuis 2021.
Renforcer le poids de l'organisation
Durant la campagne, Franck Chaumès et Valentin Prudon ont défendu une organisation davantage impliquée dans les décisions publiques et capable d’apporter des réponses concrètes aux entreprises. Leur projet entend associer la défense de la restauration traditionnelle à celle de l’hôtellerie indépendante, représentée notamment par Valentin Prudon, avec un objectif : protéger la rentabilité des établissements face à la multiplication des contraintes et aux déséquilibres de concurrence.
Pour concrétiser cette ambition, les deux élus souhaitent renforcer les moyens des syndicats départementaux et accorder une place plus importante aux territoires dans l’action confédérale. Ils prévoient également de développer les services aux adhérents, avec une assistance juridique, fiscale et sociale s’appuyant sur l’intelligence artificielle. Un laboratoire baptisé UmihLab doit par ailleurs faciliter l’accès à l’innovation pour les indépendants.
Autre axe du programme : améliorer la visibilité des métiers de l’hospitalité et leur contribution à la vie économique et sociale. Le duo propose ainsi de créer un Sommet de l’Hospitalité française réunissant professionnels et décideurs, ainsi qu’une Semaine de l’Hospitalité française ouverte au grand public.
L’Umih revendique plus de 35 000 établissements représentés, parmi lesquels des cafés, hôtels, restaurants, établissements de nuit, traiteurs, bowlings et acteurs de la thalassothérapie. Selon l’organisation, elle rassemble 68 % des entreprises syndiquées du secteur et 51 % des salariés.
Le GHR pointe des divergences
L’élection de Franck Chaumès suscite toutefois des réserves chez le GHR (Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France). Dans un communiqué publié le même jour, celui-ci félicite le nouveau président, tout en exprimant sa « perplexité » face à des orientations qui lui semblent privilégier la restauration au risque de reléguer l’hôtellerie et les autres métiers au second plan.
Le GHR dénonce des divergences importantes, tant sur la vision de l’avenir des professions que sur la méthode. Il s’oppose notamment à de nouvelles obligations pour les restaurateurs, citant l’affichage obligatoire du « fait-maison », une nouvelle formation obligatoire ou encore un numerus clausus. L’organisation plaide plutôt pour davantage de liberté et de simplification.
Elle entend également poursuivre son action en faveur de la régulation des meublés de tourisme, de la liberté commerciale et tarifaire des hôteliers face aux plateformes de réservation en ligne, notamment Booking.com, ainsi que de la maîtrise de la taxe de séjour.
Après que le GHR Ile-de-France a annoncé, fin septembre, qu'il rejoignait l'Umih au 1er janvier 2027, cette réaction souligne les différences d’approche entre les deux organisations professionnelles, alors que leurs entreprises adhérentes font face à des difficultés économiques. Le GHR, qui fédère selon ses chiffres 12 000 établissements employant plus de 150 000 salariés, revendique une représentation de l’ensemble des métiers de l’hospitalité.