Restauration : un été 2026 sans embellie, malgré quelques éclaircies
La restauration hors domicile n'a enregistré aucune croissance entre juin et août 2026, prolongeant une atonie observée depuis janvier. Sur fond de recul du pouvoir d'achat, les convives arbitrent leurs dépenses et sacrifient d'abord les boissons alcoolisées, observe Food Service Vision.
La restauration hors domicile a enregistré une croissance nulle entre juin et août 2026. L'été attendu comme une embellie n'a pas produit le rebond espéré, après un printemps atone.
Ce constat ressort de la Revue Stratégique #28 réalisée par Food Service Vision, leader de l’intelligence économique de la filière restauration. La tendance de croissance nulle est en ligne avec celle observée depuis janvier. Tous les segments affichent le même résultat, le commerce de proximité faisant timidement exception avec une progression d'un peu plus de 1 % sur la période. La fréquentation des points de vente recule de deux points par rapport à l'été 2025.
Des dépenses sous arbitrage
Les clients arbitrent leurs dépenses non contraintes, sur fond de recul du pouvoir d'achat des ménages (- 0,5 % au deuxième trimestre). La restauration est le troisième poste le plus arbitré, derrière l'habillement et les sorties culturelles. Au restaurant, les convives consomment moins d'items, les boissons alcoolisées étant le premier poste sacrifié, devant le fromage et les entrées. Les écarts se creusent selon les revenus : les ménages aisés changent peu leurs habitudes, les moins aisés réduisent leurs visites.
Dans un contexte de regain d'inflation, les acteurs ont appliqué une hausse modeste du prix des cartes (+ 1 % en moyenne). Les magasins de proximité ont progressé de 20 % en moyenne entre juin et août, quand la boulangerie-pâtisserie a reculé d'un peu plus de 1 %. Sur les trois prochains mois, 32 % des consommateurs comptent diminuer ou cesser leurs dépenses de restauration, soit plus de 7 points de plus qu'à l'été 2025.
Les cafés et bars en tête
La restauration rapide résiste davantage, malgré une croissance nulle entre janvier et août. La restauration hôtelière s'est bien tenue, surtout dans le premium. Le segment des cafés, bars et pubs est le grand gagnant de l'été, porté par la Coupe du monde de football et les fortes chaleurs qui ont favorisé la consommation de boissons et des sorties plus tardives.
Une embellie possible à l'automne
L'arrière-saison pourrait se révéler plus positive. Météo France anticipe un automne plus chaud que la normale, marqué par des évènements majeurs, dont les concerts de Céline Dion, la visite du pape Léon XIV et le Mondial de l'Auto. Food Service Vision a élaboré deux scénarios d'atterrissage du chiffre d'affaires de la consommation hors domicile à fin 2026 : - 0,2 % pour le scénario bas, + 0,5 % pour le scénario haut.