1er mai : le texte rejeté... pour accélérer son adoption

, mis à jour le 10/04/2026 à 13h29
Image
L'Assemblée Nationale

Face aux risques d'obstruction, les défenseurs du projet de loi permettant aux boulangers, fleuristes et autres professionnels d'ouvrir dès le 1er mai prochain ont opté pour une nouvelle stratégie. En adoptant une motion de rejet préalable, ils ont permis au texte de passer en commission mixte paritaire (CMP). Il sera ainsi examiné en présence des sénateurs, qui sont majoritairement favorables à cette évolution réglementaire.

Partager sur

"Rien ne justifie de bloquer un texte qui permettrait une clarification essentielle pour l’ensemble des boulangeries et leurs salariés, tout en répondant aux attentes des Français", alertait hier la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) dans un communiqué de presse, au sujet du projet de loi concernant l'autorisation d'ouverture le 1er mai pour les commerces de bouche de proximité (boulangeries, pâtisseries, primeurs, boucheries), fleuristes et établissements culturels (cinémas, théâtres). L'organisation représentative entendait alerter sur le risque d'une "faible mobilisation des élus en séance et d’une obstruction manifeste menée par une partie des forces politiques, au détriment du bon sens et de la réalité du terrain." Ces craintes n'ont pas eu l'occasion d'être concrétisées, puisque le débat prévu à l'Assemblée nationale ce 10 avril n'a finalement pas eu lieu. Les députés du groupe Ensemble pour la République (EPR), ont déposé dans la matinée une motion de rejet préalable, qui envoie le texte vers une commission mixte rassemblant députés et sénateurs. Adoptée à 120 voix contre 105, elle pourrait se tenir dès la semaine prochaine, permettant une application dès cette année. "Certains groupes politiques ont fait le choix de l’obstruction parlementaire, rendant impossible l’examen de ce texte dans un délai raisonnable", regrettait à la tribune la députée Nicole Dubré-Chirat, rattachée au groupe Renaissance.

Un texte basé sur le volontariat et excluant la grande distribution

La perspective de cette évolution réglementaire demeure rejetée par les partis de gauche comme par les syndicats, lesquels ont dénoncé "la destruction de ce droit" qu'est le repos du 1er mai. Ce jour férié "pas comme les autres" qu'est la Fête du travail cristallise les tensions depuis la polémique observée en 2025. Les boulangers avaient en effet fait entendre leur mécontentement suite à des verbalisations réalisées en 2024 (avec à la clé une amende de 750 euros par salarié, voire 1 500 euros dans le cas d'un mineur), et l'interdiction d'ouverture qui leur avait été opposée alors même que ces entreprises "ont toujours travaillé le 1er mai : c’est une réalité historique de la profession", comme le rappelle la FEB. Les défenseurs du texte ont maintes fois rappelé que le travail ne sera pas imposé sur cette journée, en plus de donner lieu à une double rémunération. La grande distribution, comme les magasins de bricolage, ne seront pas concernés par ce droit d'ouverture, contrairement à ce que faisaient valoir certains de ses opposants. La prochaine étape est désormais la tenue de la commission mixte paritaire, où la présence des sénateurs - dont le soutien au texte est massif - devrait permettre une adoption rapide. Plusieurs partis de gauche ont cependant annoncé leur intention de saisir le Conseil constitutionnel au sujet de cette loi, ce qui laisse présager de nouveaux débats.

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire