Les députés Renaissance tentent de mobiliser autour du sujet du 1er mai

, mis à jour le 07/04/2026 à 11h11
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Boulangerie

Pétition, publications sur les réseaux sociaux, échanges avec les professionnels concernés... ces derniers jours, les députés du groupe Renaissance, à l'origine du texte devant être examiné le 10 avril pour permettre une ouverture de certains commerces le jour de la Fête du travail, ont multiplié les initiatives. L'objectif : marginaliser les oppositions et s'assurer d'un soutien massif de l'Assemblée.

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L'ouverture du 1er mai est devenu un sujet politique à part entière. Il y a plusieurs jours, des milliers de boulangers ont reçu dans leur boite aux lettres un tract les invitant à prendre part à une pétition digitale. Le site internet signezpetition1ermai.fr rassemble plusieurs arguments visant à mobiliser les artisans du pain autour du vote prévu le 10 avril à l'Assemblée nationale, dans le cadre de la niche parlementaire Renaissance. "En France, le 1er mai, les fast-food peuvent ouvrir. Les boulangeries artisanales qui font leur pain, non", dénonce ainsi les députés rattachés à la majorité présidentielle. Aux yeux des députés, l'ennemi porte un nom : le parti de Jean-Luc Mélenchon serait susceptible de remettre en cause le processus : "Mais pour y arriver, nous avons besoin de vous. Les députés de la France insoumise menacent de tout faire échouer. Ils sont en train de se préparer pour bloquer l’examen de ce texte et empêcher qu’il puisse être voté." Gabriel Attal, président du groupe parlementaire Renaissance, a publié sur Instagram un reel reprenant les arguments développés par son parti, tout en ajoutant le lien vers la pétition dans les informations de son compte. 

Un soutien affiché de la population, du gouvernement et des organisations patronales

Les politiques peuvent compter sur une adhésion massive du grand public, comme l'a démontré un sondage commandé par la CPME. Selon ce dernier, 74% des Français seraient favorables au travail volontaire dans les commerces de proximité. Aux yeux d'Amir Reza-Tofighi, président de l'organisation patronale, cela démontre que la population n'est pas "contre le travail, mais contre l'injustice". De son côté, le Ministre du travail, Jean-Pierre Farandou, a affiché son soutien au texte ce mardi sur l'antenne de la chaine d'information CNews. "Notre Code du travail a un petit trou dans la raquette", considère le responsable politique, mettant en avant le cas des boulangers et fleuristes, même si bien plus de professions seraient concernées par cette évolution de la réglementation (à l'image des bouchers, poissonniers, cinémas...). "Les fleuristes et les boulangers sont ouverts le 1er mai […] cette proposition de loi va permettre de régulariser cette situation", a observé le ministre, avant de rappeler son attachement au "symbole" que représente cette date : "Il est important d’avoir un jour dans l’année où on célèbre le travail et les avancées sociales qui ont été permises par les organisations syndicales."

Les boulangers défendent la liberté de travailler... de façon partielle

Les représentants de la boulangerie artisanale, tout comme ceux des acteurs industriels ou en réseau, se sont joints à cette vague de soutien, tentant de marginaliser l'opposition des partis de gauche et des syndicats. Alors même que la filière artisanale a rejeté la perspective de voir évoluer la réglementation sur l'ouverture 7j/7 des boulangeries, la volonté affichée de disposer d'une plus grande liberté dans l'exercice de leur activité se révèlerait donc partielle... et ne s'appliquerait que dans des cas choisis par les artisans. 

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
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