La commande publique, clé oubliée de la souveraineté alimentaire
La restauration collective avance, souvent sans l'État. Dans le 20e arrondissement de Paris, la Caisse des écoles affiche des résultats que beaucoup de collectivités peinent encore à atteindre : 98 % des produits servis respectent les objectifs EGAlim, 69 % sont issus de l'agriculture biologique, 57 % proviennent de moins de 250 km. Le tout atteint en 2025, sans financement dédié, sans décrets supplémentaires.
Ce bilan en main, Éric Pliez, maire du 20e et président de la Caisse des écoles, prend la plume pour interpeller le gouvernement. Son diagnostic est sévère : « nos outils publics d'achat alimentaire restent enfermés dans des logiques qui freinent la structuration des filières. » Centrales d'achat, massification, appels d'offres standardisés, autant de mécanismes qui, selon lui, « éloignent les producteurs de l'acheteur public » et captent la valeur au détriment des territoires.
La voie de sortie existe pourtant. « La vraie libération consiste à adapter les appels d'offres aux réalités territoriales, à simplifier l'accès des agriculteurs aux marchés publics », plaide l'élu. Passer, en somme, d'une logique de volume à une logique de filière, et cesser de réduire la commande publique à « un simple outil de patriotisme alimentaire ». Car derrière l'enjeu économique, c'est une conviction plus profonde qui transparaît. « Dans les cantines scolaires, il ne s'agit pas simplement de nourrir. Il s'agit de former les citoyens de demain » martèle l’élu. Et de conclure : « la souveraineté alimentaire ne se décrète pas. Elle se construit, chaque jour, dans les territoires. »