Uzaje : la fin d'un cycle !
Lundi 11 mai, le tribunal de commerce de Bobigny (93) a placé en liquidation judiciaire Uzage, entreprise spécialisée dans le lavage industriel de contenants alimentaires. Une fin d’activité progressive d’ici le 26 mai, qui s’avère inquiétante au moment précis où la restauration collective doit, elle, sortir du plastique.
Quatre sites industriels ouverts en six ans, plus de 50 emplois créés, et 20 millions de contenants passés dans ses tunnels de lavage. Sur le papier, Uzaje cochait toutes les cases pour occuper une jolie place sur le marché du réemploi. Reste que le tribunal de commerce de Bobigny a tranché. Placée en redressement judiciaire depuis le 31 mars, l’entreprise, a été mise en liquidation judiciaire le 11 mai, et achèvera son activité le 26 mai.
Concrètement, aucun repreneur ne s'est manifesté pour reprendre la société fondée en 2019 par Emmanuel Auberger (P-DG). Pourtant, Uzage avait pour ambition de répondre aux promesses des lois Egalim, AGEC et du règlement européen PPWR. Ses quatre unités industrielles à Neuilly-sur-Marne (93), Avignon (84), Strasbourg (67) et Lyon Saint-Priest (69), affichaient un chiffre d’affaires d’environ 3 M€. Parmi ses clients de référence figuraient notamment la Ville d'Avignon, mais aussi l'Alsacienne de restauration ou bien encore Api Restauration.
L’aventure s'achève donc moins d'un an après l'ouverture de son quatrième site, et trois mois à peine après une cessation des paiements fixée au 23 mars. Un coup d'arrêt brutal. Qui conduit à s’interroger ! D’autant plus que dix-huit mois plus tôt, en décembre 2024, la start-up nantaise Berny, spécialiste des barquettes consignées en inox pour la grande distribution, fondée en 2020 par Claire Nijdam et Olivier de Kerimel, a connu un destin identique.
La cause ? Selon Uzaje, qui la nomme clairement dans un communiqué : « un marché dont le développement est resté plus lent qu'anticipé » et un flou persistant sur « les modalités concrètes et les calendriers d'application des objectifs réglementaires du réemploi », notamment du côté de l'éco-organisme Citeo.
Une analyse partagée par Emmanuel Fernandes, député LFI du Bas-Rhin, qui pointe « le non-respect de la loi AGEC par certains industriels et des moyens de contrôle insuffisants ». Six ans après son adoption, la loi anti-gaspillage peine de fait à se traduire dans les flux réels. Les volumes ne décollent pas. Et sans volume, le lavage industriel, qui ne se rentabilise qu'à partir de seuils élevés, devient un pari difficilement tenable.