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La catégorie mouvante des "boulangeries indépendantes" finalement autorisée à ouvrir le 1er mai

, mis à jour le 19/04/2026 à 20h27
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1er mai

Quels boulangers pourront ouvrir le 1er mai ? C'est la question qui demeure en suspend après le dernier rebondissement d'un feuilleton qui ne semble plus finir. En début de semaine, Sébastien Lecornu avait annoncé s'opposer à la tenue de la Commission mixte paritaire devant faire suite à la motion de rejet préalable décidée par les députés du groupe EPR. C'est finalement le même homme qui a décidé de faire évoluer la réglementation pour les professionnels du pain et les fleuristes... tout en entretenant les oppositions déjà existantes au sein de la filière boulangère.

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Ce vendredi après-midi, plusieurs organisations représentant les boulangers ont revendiqué une victoire dans le combat qu'elles partageaient afin d'obtenir l'ouverture des commerces de la filière le 1er mai. Frédéric Roy (Collectif pour la survie des boulangeries et de l’artisanat) et David Fèvre se sont ainsi satisfaits de l'évolution réglementaire promise par le Premier ministre (Collectif des artisans et commerçants de France), qui aurait été obtenue grâce à leur capacité à fédérer et à dialoguer avec les pouvoirs publics autour de cette cause. Pourtant, seul Dominique Anract, président de la Confédération Nationale de la Boulangerie-Pâtisserie Française (CNBPF) a été reçu par Sébastien Lecornu, et était présent lors de l'annonce réalisée le 17 avril. 

Contrairement au plus large périmètre proposé par le projet de loi enterré par l'exécutif, ce sont en définitive les boulangers et fleuristes "artisanaux et indépendants" qui seront autorisés à ouvrir le 1er mai. "Le 1er mai est un jour férié et chômé. Il n’y a pas de dérogation de droit à cette règle", a rappelé Matignon dans un communiqué. La "situation particulière" des deux professions a néanmoins poussé le Gouvernement à infléchir la position affichée dès le lundi 13 avril. Le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, avait en effet indiqué que la possibilité d'ouvrir le 1er mai devrait être traitée par des accords de branche, ce qui avait été perçu comme une capitulation face à la grogne des syndicats. Finalement, il n'y aura donc pas de loi pour la fête du Travail 2026, mais un appel au "au pragmatisme et à la modération" adressé au service de l'Etat, avec la promesse d'une absence de sanctions pour les entreprises maintenant leur activité sur cette journée. Le texte définitif devrait, quant à lui, entrer en application au printemps 2027, après un vote au Parlement.

Qu'est-ce qu'un boulanger artisanal et indépendant ?

La position affichée par le Premier ministre vient relancer une opposition latente entre les différents acteurs composant le paysage boulanger français. Sébastien Lecornu a en effet clairement mentionné sa volonté de permettre aux seules entreprises "artisanales et indépendantes" de maintenir leur activité. La formulation vient cibler de façon directe les industriels mais également les réseaux structurés qui peuplent une grande partie du territoire. Pour les enseignes reposant sur un modèle 100% industriel, avec une simple cuisson ou décongélation au sein du point de vente, cette nouvelle autorisation a un impact limité : la plupart des points de vente de ces structures sont rattachés au secteur de la restauration rapide, qui avait d'ores et déjà la capacité d'ouvrir le 1er mai. En revanche, des acteurs tels que Marie Blachère, Ange, Louise ou encore Feuillette se trouvent ainsi ciblés... alors même qu'ils disposent du droit d'afficher "artisan boulanger" sur leurs façades, de par la production du pain opérée sur place. Pour une bonne partie de ces marques (en dehors du groupe Blachère, essentiellement succursaliste), ce sont en réalité des entrepreneurs indépendants qui exploitent les différentes implantations, du fait du modèle de franchise prépondérant au sein de ces réseaux nouvelle génération. L'absence de la Fédération des Entrepreneurs de Boulangerie (FEB) lors des discussions ayant abouti à cette nouvelle autorisation est un marqueur déroutant de cette volonté politique, qui met de côté une part croissante du marché du pain en France. Un nouvel éclaircissement demeurera donc nécessaire pour que la question soit tranchée, au bénéfice - ou non - d'une filière toute entière.

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
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