1er-mai : un boulanger contrôlé obtient le soutien du Premier Ministre
Malgré les annonces rassurantes de Sébastien Lecornu, le boulanger Eric Amieux risque une amande de près de 5 250 euros pour avoir fait travailler ses sept salariés le 1er-mai. L'inspection du travail, qui avait dépêché une équipe dans le commerce isérois, a indiqué ne pas reconnaître les promesses faites par le Premier ministre, la loi n'ayant pas évolué. Une situation qui a ému le locataire de Matignon, lequel a appelé l'artisan concerné pour lui témoigner son soutien.
A la veille du 1er-mai, le doute régnait chez les boulangers. L'insécurité juridique qui planait sur l'ouverture des commerces pour cette journée hautement symbolique ne s'était pas estompée. Aucun texte n'ayant été adopté, du fait de l'abandon de la Commission mixe paritaire prévue suite à la motion de rejet préalable décidé par les députés macronistes le 10 avril, l'appel au "bon sens" et à "l'intelligence collective" délivré par le gouvernement demeurait soumis à la libre interprétation des inspecteurs du travail. Un constat qui avait poussé plusieurs représentants de la filière à inciter les professionnels à fermer leurs portes cette année, en attendant une évolution espérée pour 2027.
Des contrôles partout sur le territoire
A l'issue de cette journée où les consommateurs se sont pressés chez les fleuristes et boulangers ayant souhaité manifester leur liberté d'entreprendre, le ministère du travail s'est réjoui en observant qu'"aucun incident ne [lui] est remonté". Sur le terrain, les inspecteurs ont été mobilisés, souhaitant notamment vérifier le caractère volontaire de la présence des salariés au sein des entreprises, condition indispensable du travail ce 1er-mai. Malgré cette satisfaction affichée, le cas du boulanger Eric Amieux est apparu comme une véritable fausse note. Installé à Bourgoin-Jallieu (38) depuis 2012, après avoir été à la tête d'une affaire à Lyon, l'artisan a témoigné auprès des médias nationaux avoir reçu la visite de deux inspecteurs dès 8h, le jour de la Fête du travail. Aux yeux de ces fonctionnaires, le chef d'entreprise n'avait pas le droit d'ouvrir avec ses sept salariés - lesquels avaient signé une décharge et manifesté par écrit leur volontariat -, malgré la position du Premier ministre. Au terme de ce contrôle, le chef d'entreprise s'est vu promettre un procès verbal et une sanction financière atteignant 750 euros par salarié, soit 5 250 euros au total.
Sébastien Lecornu promet l'abandon des poursuites
Le chef du gouvernement, prenant connaissance de ce cas, a appelé directement Eric Amieux. Il lui a alors témoigné son soutien, le "remerciant d'être ouvert" et promettant une absence de sanction. Un acte dénoncé par l'opposition, qui considère que l'exécutif n'est pas en mesure de se substituer à l'administration et à la justice. De son côté, Gabriel Attal, président du groupe Ensemble pour la République à l'Assemblée nationale et secrétaire général du parti Renaissance, s'est ému sur les réseaux sociaux "Si notre proposition de loi avait été adoptée, il n'y aurait pas de verbalisation aujourd'hui. On ne peut pas laisser les artisans verbalisés payer les pots cassés du flou juridique qui subsiste." Le député insiste sur la nécessité de faire évoluer la loi, évoquant la possibilité d'intégrer au texte l'abandon des poursuites pour les artisans verbalisés ce 1er-mai : "Il faudra donc que les artisans verbalisés aujourd'hui voient leur amende annulée grâce à une mesure d'amnistie dans le projet de loi à venir sur le 1er-Mai. C'est tout à fait possible de le faire. On ne devrait pas être sanctionné quand on veut travailler."