[Spécial RSE] Richard Vins & Spiritueux applique le réemploi aux bouteilles de spiritueux
Le distributeur francilien, adepte de la vente de vin en bouteilles verre réemployables, participe à un test concernant, cette fois, les spiritueux. (Article à retrouver dans le numéro de Zepros Distributeurs RHD 24 consultable et téléchargeable à partir de ce lien) https://resto.zepros.fr/journaux/distributeurs-rhd/numeros/distributeurs-rhd-24
Avec les parfums, c’est le dernier bastion à prendre pour les partisans du réemploi des bouteilles verre ! Les spiritueux et leurs flacons à faible rotation, propres à chaque marque, n’ont rien du candidat idéal pour le réemploi. Pourtant, un test pour la collecte et la remise en circulation des bouteilles de spiritueux, financièrement soutenu par les éco-organismes Adelphe et Citeo, a démarré. Il va durer un an. Richard Vins & Spiritueux en a l’exclusivité auprès des clients CHR d’Ile-de-France, tandis qu’un adhérent C10 effectue le même test à Brive et France Boissons à Rennes. « L’objet du test est de valider des solutions techniques, et de savoir si l’ensemble des étapes de collecte, de tri, de lavage et de renvoi de la bouteille chez l’industriel peuvent se faire au même prix, voire moins cher que l’achat d’une bouteille neuve, et, si oui, à partir de combien de bouteilles », explique Laurent Arquetout, le directeur des opérations de Richard Vins & Spiritueux, un adhérent Distriboissons. Pourquoi tant d’efforts en faveur des bouteilles ? À en croire le responsable de Richard Vins, c’est le premier poste d’émissions de CO2 des entreprises de la filière boissons devant leurs flottes de camions. « 44 % de nos émissions de CO2 sont dues à la bouteille. Si l’on veut faire baisser significativement nos émis- sions, développer le réemploi est incontournable », justifie-t-il (voir encadré). De puissants industriels des softs et des eaux et des distributeurs, tel Richard Vins & Spiritueux pour le vin, gèrent déjà avec les professionnels des CHR des circuits où les contenants sont consignés et réemployés. Mais avec ces boissons, les quantités de bouteilles récupérées sont importantes et les rotations rapides ce qui viabilise les boucles. Ce n’est pas le cas des spiritueux !
Une coalition de 8 producteurs
Pour trouver son équilibre économique, le test devait déjà lever ce frein. Sept marques de spiritueux et deux producteurs de vin se sont donc regroupés en une « coalition »* afin d’atteindre plus vite la quantité de bouteilles nécessaire - de 2 000 à 3 000 - pour faire tourner la station de lavage installée chez Eco in Pack, à Cognac (16). Voilà qui met fin à un autre débat. Dans ce périmètre, nul besoin d’imposer un flacon standard aux industriels ; chaque marque conserve son contenant reconnaissable sur les étagères des bars et les tables des clients. Reste à convaincre les clients CHR de participer au test car sa réussite dépendra d’eux en grande partie. Pour les cafetiers et hôteliers, l’expérience n’est pas sans effort : collecte et tri des bouteilles des 9 marques se feront désormais dans des caisses différentes de celles où ils entassent le verre perdu et il leur faudra trouver de la place, là où ils en manquent souvent, pour stocker les caisses en attendant qu’elles soient récupérées… Richard Vins & Spiritueux souhaite réunir « une trentaine d’établissements avec des volumes significatifs afin de collecter de 3 000 à 4 000 bouteilles par marque sur l’ensemble du test », précise Laurent Arquetout. Depuis plusieurs semaines, le distributeur a rodé le circuit avec 2 cafetiers parisiens ; 2 autres établissements suivront dans les prochains jours.
*Bacardi (Get 27), Campari France (Picon), Cordier (Café de Paris), Giffard (2 crèmes), Marie Brizard Wine & Spirits (whisky William Peel et tequila San José), Moët Hennessy (rosé de Provence Minuty), Pernod Ricard (Ricard), Rémy Cointreau (Cointreau).
Le bénéfice environnemental du réemploi des bouteilles verre
• Léger bénéfice sur la réduction d’émissions de CO2 dès le premier réemploi d’une bouteille verre
• De 10 à 15 % de réduction des émissions dès 3 ou 4 réemplois
• De 30 à 40 % de réduction des émissions à partir de 12 ou 15 réemplois
Source : Richard Vins & Spiritueux