[Spécial RSE] « De l’engagement à l’enracinement : la RSE s’installe dans la durée »

, mis à jour le 13/05/2026 à 09h10
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François Blouin, président-fondateur de Food Service Vision, et Aldric Charles de Geuser, channel manager chez Food Service Vision.

Entretien avec François Blouin, président-fondateur de Food Service Vision, et Aldric Charles de Geuser, channel manager, sur l’évolution des stratégies RSE dans la distribution foodservice.

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Quel bilan global dressez-vous à propos des stratégies et démarches RSE des distributeurs foodservice en 2025 ?

François Blouin : Le premier point que l’on observe est une sorte d’enracinement des stratégies RSE. On sent que ces stratégies sont construites et tenues de manière permanente par les différents acteurs de la distribution. Concernant les stratégies produits, il existe un vrai développement de tout ce qui concerne l’offre locale, l’origine France, et le bio, bien sûr, avec quelques ajustements et nuances. Globalement, le coeur du marché de la distribution s’est emparé de la RSE et l’a intégrée dans ses démarches. D’une part, parce que c’était la volonté des entreprises ; d’autre part, parce que le contexte réglementaire et la demande des clients amènent les distributeurs à s’adapter à cette demande, qu’il s’agisse, par exemple, des produits Egalim en restauration collective, ou des transformations fortes des stratégies RSE des grandes chaînes de restauration
commerciale.


Le deuxième point observé est qu’il y a moins de communication forte et de valorisation de nouvelles démarches RSE, parce que l’on est davantage dans cet enracinement des stratégies. C’est le cas avec Metro qui fête les cinq ans de sa Charte Origine France, ou encore Pomona qui adopte le référentiel Planet Score sur sa marque distributeur Bon & Engagé, etc. C’est donc moins la révolution que la consolidation.

Comment se traduit cette consolidation en termes de produits ?

F.B. : Nous constatons que des marqueurs ont tendance à baisser en termes de visibilité. C’est le cas du bio. Celui-ci pesait 3,94 % du nombre de promotions des produits alimentaires en 2024, toutes cibles de restauration confondue, il n’en pesait plus que 3,56 % en 2025. Dans les boissons, le bio est passé de 4,27 % à 3,49 % des promotions. Quant aux labels de qualité, on est passé globalement de 16,75 % à 16,29 % au total*. En restauration, la demande des grands donneurs d’ordres d’un côté, des indépendants de l’autre, a tendance à marquer un palier et à se tourner davantage vers des produits locaux, comme les eaux minérales, mais qui sont moins tracés en tant que tels dans les catalogues.

Aldric Charles de Geuser : Il y aussi beaucoup de complexité dans les positionnements. Tandis que le paysage de la restauration enregistre davantage de créations en restauration rapide qu’en restauration avec service à table, le distributeur doit adapter son offre et ses assortiments. Ceci afin de pouvoir s’adresser à cette nouvelle typologie de clients qui se développe par ailleurs en termes de concepts et donc de proposition de produits. Toute la question pour un distributeur est de savoir comment aborder le marché, entre son ADN et ses principes RSE, et une concurrence parfois moins regardante sur ces aspects, qui casse les prix. On constate donc des actions très différenciées d’un distributeur à l’autre en fonction des cibles auxquelles ils s’adressent. On observe des dynamiques distinctes, entre les actions sociétales et environnementales que les entreprises mènent -pose de panneaux photovoltaïques, renouvellement de la flotte en véhicules électriques, etc.- et leurs démarches RSE opérationnelles, qui sont confrontées à une réalité terrain -forte inflation sur les catégories coeurs d’assiette comme le boeuf et le beurre en 2025 qui se traduit par une forte compétitivité prix- qui contraignent leurs actions. 

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3 PROMOS
Constatez-vous tout cela dans l’analyse des catalogues des distributeurs ?

F.B. : Globalement, dans les catalogues de l’année 2025, on constate une légère érosion des produits alimentaires et boissons sous signe de qualité, soit de l’ordre de -1 %, alors que le total des promotions, lui, a augmenté de 2,7 %. C’est bien le reflet de cette tension.

A.C.D.G. : Deux catégories parmi lesquelles nous constatons une forte baisse dans leur présence au sein des catalogues en 2025 sont les vins et la boucherie, qui voient leur nombre de promotions reculer respectivement de 9,4 % et de 10 % en 2025 par rapport à 2024. Or, ce sont des catégories qui sont souvent valorisées par des marqueurs de qualité via la mise en avant de labels.

Quels autres constats faites-vous ?

F.B. : Il y a un point qui continue à progresser, c’est la végétalisation. Parce que la végétalisation permet la rencontre, d’une part, entre la décarbonation -en mettant plus de légumes dans l’assiette, on contribue à atteindre ses objectifs de réduction de gaz à effet de serre-, avec, d’autre part, une réduction du coût portion et une réduction du poids engagé dans l’assiette. La rencontre de ces deux éléments participe d’un agenda qui continue dans la demande des restaurateurs, et ce, quel que soit le segment de restauration. On constate donc un développement de ces offres.

A.C.D.G.: Cela se constate notamment sur les steaks hachés, où l’on relève des alternatives avec du 70 % pur boeuf et 30 % d’origine céréalière, versus un 100 % pur boeuf. Ceci permet en effet d’allier tous les avantages. 

*Source : Food Service Tracking, total année 2025, toutes cibles confondues.

Article à retrouver dans le numéro de Zepros Distributeurs RHD 24 consultable et téléchargeable à partir de ce lien : https://resto.zepros.fr/journaux/distributeurs-rhd/numeros/distributeurs-rhd-24

Directeur des rédactions du Pôle Restauration de Zepros, rédacteur en chef de Zepros Resto, rédacteur en chef de Zepros Distributeurs RHD. Actus Métiers, Fournisseurs Boissons, France des chefs…
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