[TOP 100] Une croissance solide en 2025 malgré un contexte sous surveillance
Portée par la résilience de la consommation hors domicile, la distribution CHD a enregistré en 2025 une croissance de 2,5 %, supérieure à celle du marché de la restauration, constate Food Service Vision. Si les grands acteurs consolident leurs positions et diversifient leurs services, la remontée de l’inflation et les fragilités persistantes de la restauration indépendante incitent le secteur à la prudence.
Article publié dans le numéro Zepros Distributeurs RHD 26 - Spécial Top 100 - Edition 2026.
ÉTUDE DISTRIBUTION CHD
Selon la dernière édition de la Revue Distribution publiée par Food Service Vision, le secteur français de la distribution CHD a enregistré en 2025 des performances solides malgré un environnement économique marqué par des incertitudes persistantes. L’étude, fondée sur l’analyse approfondie de 27 acteurs majeurs de la distribution, met en évidence la capacité du secteur à maintenir sa croissance, à poursuivre sa consolidation et à renforcer son rôle d’accompagnement auprès des professionnels de la restauration.
Dans un marché de la consommation hors domicile qui a progressé de 2 % par rapport à 2024, la distribution CHD a fait légèrement mieux avec une croissance de 2,5 %, portant son chiffre d’affaires total à 24,7 Md€. Cette performance s’inscrit dans une dynamique de long terme particulièrement favorable : depuis 2019, le secteur a gagné près de 5,9 Md€ de chiffre d’affaires, soit une hausse de 31 %. Des résultats qui traduisent la résilience des acteurs de la distribution alimentaire professionnelle et leur capacité à s’adapter aux évolutions de la restauration commerciale.
L’étude souligne également la poursuite du mouvement de concentration du marché. Bien que celui-ci demeure fragmenté, les principaux groupes renforcent progressivement leur poids. Les cinq premiers opérateurs - Metro, Pomona, France Frais, Transgourmet et Distriboissons - représentent désormais 58,1 % du marché, contre 57,9 % en 2024 et 57,2 % en 2019. Metro conserve sa position de leader devant Pomona, France Frais, Transgourmet et Distriboissons. Cette évolution reflète une tendance structurelle à la consolidation, portée à la fois par des stratégies de croissance externe, l’extension des réseaux et, pour certains groupes, le développement à l’international.
Les réseaux intégrés continuent de dominer largement le secteur avec 67,3 % de parts de marché. Toutefois, les réseaux indépendants affichent une dynamique plus favorable. Leur part de marché atteint 32,7 % en 2025 et leur croissance s’établit à 3,2 %, contre 2,1 % pour les réseaux intégrés. Cette performance démontre leur capacité à résister à la pression concurrentielle grâce à leur proximité avec les clients, leur flexibilité et leur ancrage territorial.
Face à une restauration indépendante fragilisée depuis plusieurs années et qui représente plus de 80 % du chiffre d’affaires de la distribution, les entreprises du secteur ont engagé un important travail de rationalisation de leurs assortiments. Depuis 2023, les distributeurs cherchent à optimiser leurs catalogues afin de gagner en efficacité et de répondre plus précisément aux besoins de leurs clients. Cette stratégie se traduit par une réduction continue du nombre de références proposées : - 3,4 % en 2024 puis - 0,7 % en 2025. Dans le même temps, les marques de distributeurs (MDD) poursuivent leur progression, passant de 14 % du chiffre d’affaires en 2023 à 17 % en 2025. Les acteurs du marché renforcent également leurs gammes répondant aux nouvelles attentes des restaurateurs et des consommateurs, notamment dans les domaines du bio, des produits locaux, de l’alimentation végétale, mais aussi des produits solutions, des cuisines du monde, du halal et du non-alimentaire.
L’évolution des prix constitue un autre enseignement majeur de l’étude. Après une relative stabilisation observée en 2024, où l’inflation n’avait progressé que de 1 %, les tensions sont revenues en 2025 avec une hausse moyenne des prix de 4 %. Certaines catégories ont été particulièrement touchées, notamment le chocolat, le café et les viandes. À l’inverse, les marchés des fruits, des légumes et du sucre ont bénéficié d’un contexte plus favorable. Les produits surgelés enregistrent la plus forte progression tarifaire de l’année. Cette reprise inflationniste renforce les enjeux de maîtrise des coûts pour les restaurateurs et pousse les distributeurs à adapter leurs offres afin de préserver leur compétitivité.
Au-delà de leur rôle traditionnel d’approvisionnement, les distributeurs renforcent de plus en plus leur positionnement de partenaires des restaurateurs. Dans un contexte économique parfois difficile pour les établissements, ils développent un large éventail de services destinés à accompagner leurs clients dans la gestion et la performance de leur activité. Ces prestations couvrent des domaines très variés : aide au financement, accompagnement dans l’aménagement des établissements, conception de cartes, mise en place de systèmes de caisse ou de réservation, digitalisation du point de vente, élaboration de fiches recettes, formation des équipes de cuisine, accompagnement réglementaire notamment sur les obligations liées à la loi Egalim, ou encore gestion des stocks. Plus d’un distributeur sur deux dispose désormais de sa propre application mobile, illustrant l’accélération de la transformation numérique du secteur.
Pour François Blouin, président-fondateur de Food Service Vision, les performances observées en 2025 témoignent de la solidité des modèles industriels des grands distributeurs et de leur capacité d’adaptation. Toutefois, il souligne que ces résultats ne doivent pas conduire à un excès de confiance. Occupant une position centrale dans la filière CHD, les distributeurs demeurent étroitement liés à la santé économique de la restauration. Leur avenir dépendra de leur aptitude à poursuivre leur transformation, à accompagner toujours davantage les restaurateurs et à anticiper les évolutions du marché. Dans un environnement encore incertain, la vigilance reste donc de mise malgré des indicateurs globalement favorables.