[Top 100] « Nous avons renforcé notre accompagnement auprès des entreprises »
Entretien réalisé le 8 juin.
Article publié dans le numéro Zepros Distributeurs RHD 26 - Spécial Top 100 - Edition 2026.
Après les effets de la crise sanitaire, puis la poussée inflationniste de 2022-2023, l’année 2025 s’est inscrite dans un contexte économique toujours marqué par une croissance atone, une consommation prudente et une forte pression sur les marges. Les défaillances dans le secteur RHF se sont accélérées et demeurent un point de vigilance majeur, tout comme les répercussions du conflit au Moyen-Orient.
Pour la FNB, 2025 a été une année de forte mobilisation, notamment sur les sujets ayant un impact direct sur la filière : fiscalité des boissons sucrées, hausse des charges, fragilisation du titre-restaurant ou encore évolutions du cadre légal marqué par les travaux sur le réemploi, la consigne et les filières REP. Nous avons notamment réaffirmé la contribution historique de la profession au réemploi des emballages et accompagné nos adhérents dans l’analyse des dispositifs proposés s’agissant de la prise en charge des coûts de collecte des emballages consignés. Plus globalement, nous avons renforcé notre accompagnement auprès des entreprises, par la production de notes pratiques et supports d’aide à la décision qui ont donné lieu à un important travail de pédagogie.
Le travail engagé avec notre manifeste, « Grossiste en boissons, le trait d’union durable entre terroir et comptoir », continue également de structurer notre prise de parole collective pour mieux faire connaître les spécificités de notre métier et son rôle essentiel au sein de la filière : proximité territoriale, diversité, reverse logistique, gestion des emballages consignés.
La confirmation de notre représentativité patronale sur le champ de la convention collective des Distributeurs Conseils Hors Domicile est aussi venue conforter notre légitimité à négocier un cadre social adapté aux réalités et besoins de nos métiers. Enfin, nous avons poursuivi notre action en matière de RSE à travers le label Grossiste en boissons Engagé, pour accompagner la transformation et rendre visibles des pratiques déjà largement ancrées. En résumé, je dirais que la FNB a confirmé son utilité comme lieu commun où se construisent les réponses collectives nécessaires pour défendre et faire reconnaître le rôle essentiel des grossistes en boissons.
Le premier attrait à la situation économique de nos entreprises, fortement exposées à la hausse des coûts de transport, de carburant, de charges et prises en étau. Nous continuerons à alerter les pouvoirs publics sur les effets cumulés et demander une réelle prise en compte des spécificités de la filière RHF et du commerce de gros agissant en compte propre.
Le deuxième est évidemment la REP Emballages professionnels, dont l’entrée en vigueur au 1er juillet 2026 suscite de fortes inquiétudes. Nous partageons les objectifs, mais alertons sur les conditions de mise en œuvre (calendrier, coûts, complexité administrative…) qui créent une forte pression sur les entreprises.
Le troisième reste celui du réemploi et de la consigne. Consigne pour réemploi ou consigne pour recyclage, la FNB continuera à défendre une approche pragmatique. Ces dispositifs doivent s’appuyer sur celles et ceux qui gèrent les flux, supportent les coûts et mesurent chaque jour les contraintes du terrain. Les éco-organismes ont un rôle important, mais ils ne peuvent pas, seuls, structurer et définir les modèles économiques de ces dispositifs.
Très attentive à ces sujets, la FNB a légitimement participé aux travaux de la Commission de la consignation sur l’évolution des tarifs applicables aux emballages réemployables. Le nouvel arrêté, applicable au 1er janvier 2027 actualise un cadre ancien. Cette évolution inédite nécessite aussi de poursuivre nos travaux pour accompagner la bascule et éclairer sur les impacts opérationnels.
La REP-EP va générer de nouveaux coûts : écocontributions, obligations déclaratives, adaptation des systèmes d’information, suivi des emballages, contrôles, gestion contractuelle avec les éco-organismes, temps administratif supplémentaire. Pour nos entreprises déjà sous pression, ces coûts ne sont pas neutres et posent la question de leur prise en charge dans la chaîne économique.
Par ailleurs, les grossistes en boissons disposent déjà d’une organisation performante, fondée sur des tournées optimisées, la logistique inverse et des pratiques installées. Des exigences mal calibrées et disproportionnées ou des démarches trop lourdes pourraient s’avérer plus coûteuses encore et contre-productives.
Enfin, la REP-EP oblige à clarifier des questions sensibles : qui est metteur en marché ? Qui déclare ? Qui contribue ? Qui supporte le coût réel ? Ces questions sont d’autant plus importantes que les circuits sont imbriqués. La REP-EP ne doit pas devenir une nouvelle couche de complexité qui fragilise les acteurs économiques. Elle doit être lisible, soutenable et opérationnelle.
Nos adhérents gèrent souvent des volumes importants de factures et une très grande diversité de clients (cafés, hôtels, restaurants, collectivités, associations, commerces de proximité, sites événementiels). Le passage à la facturation électronique fait l’objet de communications régulières depuis plus d’un an, à l’appui de la CPME : calendrier, décryptage des obligations, sensibilisation aux impacts possibles et webinaires. Nous insistons aussi sur la nécessité d’anticiper, cartographier les flux, échanger avec l’expert-comptable, l’éditeur de logiciel et identifier les ajustements à prévoir. Notre rôle est de donner les repères nécessaires pour poser les bonnes questions et sécuriser leur transition.