Titres-restaurant : les syndicats alertent le Sénat
Le GHR et le Snarr alertent le Sénat sur les risques de détournement des titres-restaurant vers la grande distribution, au détriment de la restauration traditionnelle. Face à la proposition de loi de modernisation en cours, les syndicats réclament des garde-fous.
Le GHR et le Snarr demandent au Sénat d'encadrer l'usage des titres-restaurant en grande distribution. Le Groupement des Hôtelleries et Restaurations de France a été auditionné le 28 octobre par Frédérique Puissat, rapporteure au Sénat chargée d'une proposition de loi visant à moderniser les titres-restaurant. Catherine Quérard, présidente du GHR, et Franck Trouet, délégué général, ont présenté leurs demandes. Ils réclament des garde-fous face à la pérennisation du « tout alimentaire ».
Deux options pour flécher les dépenses
Le GHR soutient la dématérialisation complète prévue au 1er janvier 2028, l'interdiction des remises accordées aux employeurs et la transparence de toutes les commissions et de tous les frais annexes. Pour arrêter le transfert des dépenses vers les GMS, Catherine Quérard propose un double plafond journalier : 25 € en restauration et dans les commerces alimentaires spécialisés, contre 10 € en GMS, épiceries et supérettes. Autre option : réserver à la restauration au minimum 50 % du crédit mensuel.
Le groupement demande aussi de supprimer la disposition votée par les députés, qui exclut les plateformes de livraison du paiement en titres-restaurant. Selon le GHR, cette mesure pénaliserait les restaurateurs sur un marché estimé à 10 % de leur activité. Les repas doivent rester éligibles, hors frais de livraison.
Le Snarr pointe la fragilité du secteur
Le Syndicat national de l'alimentation et de la restauration rapide (Snarr) représente 51 000 établissements et 330 000 salariés. Il appelle les sénateurs à ne pas pérenniser l'usage des titres pour les courses sans mesure de rééquilibrage. Sa directrice générale, Eléonore Leprettre, rappelle qu'un restaurateur sur deux est en perte ou en situation de précarité. Dans le secteur, les procédures collectives ont augmenté de 30 % en un an.
« Le titre-restaurant a été créé pour financer le repas des salariés pendant leur journée de travail, pas pour devenir une carte-caddie », souligne-t-elle. Elle qualifie le vote de l'Assemblée nationale de « nouvelle attaque contre les restaurateurs du quotidien ». Le GHR avait lui aussi dénoncé le rejet du double plafond par les députés.
La commission examinera le texte le 3 novembre avant une séance publique fixée au 19 novembre.