La Confédération des grossistes de France lance CGF Alimentaire
La CGF structure son pôle alimentaire. Zepros Distributeurs RHD a pu interviewer en avant-première Stéphane Antiglio, président de la CGF, Isabelle Bernet-Denin, directrice générale, et Olivier Feno-Feydel, président de CGF Alimentaire, avant l'annonce officielle du lancement de ce pôle.
Olivier Feno-Feydel : A la CGF, la partie alimentaire a toujours été traitée. Aujourd’hui, l'idée est de se dire qu'il y a beaucoup de sujets totalement communs comme la résilience, la souveraineté, la décarbonation, le règlement de recouvrement, les clausiers dans la restauration collective, etc. Il faut donc que nous arrivions à nous voir régulièrement, et à partager sur tous ces enjeux communs.
Le lancement de CGF Alimentaire va permettre aux 11 fédérations alimentaires métiers - grossiste en fruits et légumes, en viandes, en produits avicoles, en boissons, en fleurs, etc.- de travailler ensemble, de se concerter et de porter des sujets communs. Nous avons donc structuré un pôle dédié au sein de la CGF afin de porter la voix des grossistes alimentaires. On m'a proposé d’en prendre la présidence, ce que j'ai accepté… à partir du moment où il y avait aussi un vice-président, en l’occurrence Stéphane Maurin, directeur général de Distriboissons.
Si l’on prend par exemple le cas de la souveraineté alimentaire, il faut parler de l'amont et de l'aval. Or, beaucoup de nos fédérations sont en lien direct avec la production française. On constate finalement que le travail est fait mais qu’il n'est pas suffisamment connu ou reconnu. Qui mieux qu'une confédération peut parler à nos politiques, à nos députés, à nos sénateurs pour rappeler le rôle essentiel des différents grossistes alimentaires ?
Nous nous réunissons donc sous la bannière CGF Alimentaire, pour nous emparer des sujets et incarner les métiers que nous faisons au quotidien. CGF Alimentaire, ce n’est pas une grande nouveauté, c'est plutôt une continuité, un engagement et une incarnation. Il faut que l'on capitalise sur cela pour parler d'une seule voix, par exemple sur la PPL urgence agricole. Et puis, il faut que l’on travaille tous les dispositifs d'encadrement. La concertation est essentielle dans les mois et dans les années à venir si l’on veut relever les défis qui nous attendent.
J'ai été honoré par cette demande, mais il ne faut pas se tromper : désormais, cela m'engage et m’oblige. Il va falloir y consacrer beaucoup de travail, mais je suis rassuré parce que les équipes de la CGF sont là et les fédérations sont prêtes.
Stéphane Antiglio : Auparavant, nous essayions de nous coordonner sur les sujets alimentaires. Désormais, nous allons un peu plus loin en créant une vraie gouvernance des sujets alimentaires. Nous structurons CGF Alimentaire, avec une régularité de réunions, des sujets bien identifiés, bien sûr évolutifs dans le temps, avec une gouvernance précise de façon à vraiment assurer cette coordination et parler si possible d'une seule voix, même si parfois il peut y avoir des appréciations différentes de sujets entre nos 11 fédérations. C’est une organisation plus aboutie que celle que nous avions l'habitude de déployer historiquement.
Isabelle Bernet-Denin : Il y a un calendrier de réunions plénières qui est fixé à raison de quatre ou cinq réunions annuellement. Cela n'empêche pas des groupes de travail éventuellement dédiés ou des réunions qui sont fixées de façon ad hoc en fonction de l'actualité.
Nous restons très vigilants par exemple sur des sujets comme le maintien du régime grossiste, eu égard aux relations tout à fait particulières des grossistes avec leur amont et leur aval, de façon à ne pas être englobés dans le débat sur les relations industrie agroalimentaire-grande distribution. D'ailleurs, Stéphane Antiglio et Éric Dumont ont été auditionnés dans le cadre de la commission d'enquête sénatoriale sur les prix et les marges dont les conclusions nous vont très bien. Elles montrent qu’il n'y a pas de sujet avec les grossistes. Nous étions satisfaits que le fonctionnement et la nature des relations commerciales, pérennes et apaisées, aient bien été compris par les rapporteurs et mentionnés comme tels.
Sur le PJL Urgence agricole, nous avons comme sujet la question de l'obligation de transmission des informations sur les achats de qualité et durable. Nous considérons que l'obligation n'a pas à remonter sur les grossistes, elle concerne les collectivités ( avec le site de déclaration Ma cantine) ou éventuellement la grande distribution, en bout de chaîne.
D’une façon un peu plus globale, d'autres sujets peuvent enfin concerner CGF Alimentaire, à travers les diverses instances où nous sommes représentés : CNA, CNRC, etc. Nous avons aussi beaucoup travaillé dans le cadre des marchés publics sur les indices RNM, sur la standardisation de l'annexe financière entre acheteurs publics et titulaires des marchés pour harmoniser la transmission de datas ou sur l’élaboration d’un clausier qui vient d’être remis à la ministre de l’agriculture. Ce ne sont pas les sujets qui manquent sur le pôle alimentaire de CGF !
Isabelle Bernet-Denin : Il y a effectivement une volonté de structurer ce pôle et surtout aussi de l’incarner avec notamment la création de la marque CGF Alimentaire. C'est donc une déclinaison de la marque CGF, avec une identité visuelle propre. Ce qui n'était pas le cas précédemment puisqu’il s’agissait d’un comité de liaison interne à la CGF, qui n'a jamais existé en termes de communication.
Stéphane Antiglio : Nous faisons ce gros travail sur tous les sujets transverses que j'ai mentionnés au début de notre entretien, auprès des ministères notamment. La CGF est maintenant connue et reconnue et il fallait que l'on s'appuie sur ce nom de CGF pour se donner cette spécificité alimentaire. Bien sûr l'objectif n'est pas de retirer ensuite à chacune de nos fédérations ces spécificités, car elles ont chacune des enjeux très pointus.