Foodles boucle un chapitre à deux, et en ouvre un au Next40
Foodles vient d'intégrer le Next40 de la French Tech, seule représentante de la FoodTech dans ce classement. Une annonce qui coïncide avec le départ de Clément Bonhomme, cofondateur de l'entreprise avec Michaël Ormancey en 2015.
Foodles ne manque décidément pas d'appétit. Dix ans après sa création, la pépite des frigos connectés vient de décrocher une place au Next40, le classement qui distingue chaque année les 40 start-ups françaises les plus prometteuses, un an après son entrée au French Tech 120. Elle en est cette année l'unique représentante de la FoodTech, une reconnaissance qui intervient dans un contexte particulier pour l'entreprise.
Cette récompense coïncide en effet avec un tournant dans sa gouvernance. Michaël Ormancey pilote désormais seul l'entreprise. Clément Bonhomme, qui l'avait cofondée avec lui en 2015, ayant confirmé son départ dans un message publié sur LinkedIn. Après onze ans passés à construire Foodles à ses côtés, il y explique « vouloir se consacrer à de nouveaux projets, tout en saluant l'équipe qu'il a contribué à bâtir et en lui souhaitant de poursuivre sur sa lancée. »
Ce changement de tête n'entame apparemment pas l’évolution de la société. Foodles affiche un chiffre d'affaires de 75 M€ pour 2025 et se dit rentable. Elle revendique plus de 600 clients et une équipe d'environ 600 collaborateurs répartis entre la France, la Belgique et Londres. Le tout appuyée sur deux outils de production internes : l'un pour les frigos connectés, issu du rachat du traiteur Le Val d'Evre, l'autre pour l'activité comptoirs, inauguré cette année.
Une feuille de route RSE chargée
C'est précisément pour accompagner cette dynamique que Foodles ouvre trois postes stratégiques au sein de son comité de direction. Un Chief Delivery Officer, également COO, sera chargé de l'excellence opérationnelle de bout en bout, de la production jusqu'à l'exploitation des sites. Un Chief Technology & Product Officer devra structurer la vision tech, produit et data de l'entreprise, IA comprise. Un Chief of Staff viendra enfin épauler le CEO dans le pilotage des priorités stratégiques et l'exécution des projets transverses, trois recrutements qui dessinent le nouveau visage de la direction post Bonhomme.
Cette réorganisation s'accompagne d'une ambition affichée sur le terrain environnemental et social. Entreprise à mission et certifiée B Corp, Foodles a reçu le prix Or de la catégorie « Modèle d'Affaire Labellisé » au Grand Prix de la Good Économie 2026. Son bilan pour l’an passé fait état d'une viande fraîche 100 % Origine France, d'une offre végétarienne portée à 45 % des propositions et de 55 % de recettes classées à impact « faible » grâce au Carbo Score, pour une baisse de 9 % des émissions de CO2 par repas sur un an. Grâce à des puces RFID et à des algorithmes prédictifs, l'entreprise a par ailleurs sauvé 156 610 articles via des promotions anti-gaspi et donné 52 705 repas à des associations partenaires, tout en affichant un score de 94/100 à l'index Egapro et en lançant sa première politique handicap avec l'Agefiph.
Reste maintenant à transformer l'essai en 2026, avec une recertification B Corp visée et un alignement renforcé sur les seuils de la loi Egalim, pendant que Michaël Ormancey recrute le trio dirigeant appelé à écrire, sans son cofondateur, le prochain chapitre de Foodles.