Agores fait son cinéma !
Au 40e forum d'Agores, à Louviers (Eure), l'association a présenté le 14 octobre « La Loi et la Matière ». Ce documentaire de 31 minutes montre comment huit collectivités ont organisé le réemploi en cuisine. Réservé aux adhérents, il sera en accès libre au 1er janvier 2027.
Sortir du plastique, chacun sait que c'est la loi. Le faire, c'est une autre histoire. Depuis le 1er janvier 2025, la loi Egalim interdit les contenants en plastique de cuisson, de réchauffe et de service dans les cantines scolaires, universitaires et les crèches, avec un délai jusqu'en 2028 pour les collectivités de moins de 2 000 habitants. En avril, le Conseil d’État a annulé le décret qui précisait les contenants visés. Une proposition de loi, adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale le 4 juin, doit sécuriser l’interdiction. Elle attend le Sénat.
Dans les cuisines, le vrai chantier est ailleurs : un bac qu'on ne jette plus doit revenir, être lavé, puis repartir. C'est cette boucle du réemploi que filme « La Loi et la Matière ». Agores travaille sur le sujet depuis 2018, avec des livres blancs très techniques. « Après nos premiers ouvrages, on voulait quelque chose qui bouge », résume Maxime Cordier, son président.
Huit cuisines, plusieurs réponses
Agores a donc confié la caméra au réalisateur Emmanuel Vion-Dury. Le réalisateur a sillonné la France pendant deux mois, caméra à l'épaule. Huit collectivités lui ont ouvert leurs portes, dont, entre autres, Angers, Tours, Grenoble, Fontenay-sous-Bois et le 20e arrondissement de Paris, en restauration scolaire comme en portage à domicile. L'inox domine. Seul Grenoble a choisi le verre. Pour fermer les bacs, chacun a sa méthode : mise sous vide partielle, couvercle en verre banderolé ou thermoscellage.
Même diversité pour suivre les contenants : certains acceptent d'en perdre quelques-uns, d'autres gravent un code sur chaque bac. Le lavage se fait sur place ou en laverie extérieure. Agores a écarté les sites trop éloignés, comme Millau, dans l'Aveyron. « C'est mieux de s'être focalisé sur des cuisines avec des systèmes reproductibles que sur des exceptions », estime Maxime Cordier. Aucun palmarès : « Il n'y a pas une solution qui est mieux que l'autre. »
En accès libre au 1er janvier
Agores a financé sur ces deniers le tournage, avec une subvention de 5 000 € de Citeo Pro, environ un sixième du budget. Pour son président, le documentaire doit être vu largement : « C’est quand même de l’argent public qui est dépensé. » Il sera donc en accès libre sur ma cantine et sur le site d’Agores à partir du 1er janvier 2027, et servira aux formations du CNFPT.
Faire connaître ce travail, c’est justement le nouveau chantier d’Agores. « On était jusqu’à présent artisanal sur notre communication », reconnaît Maxime Cordier. L’association a ainsi pris la décision de renforcer le rôle de Floriane Bertez, sa chargée de communication, et entièrement refondu son site, agores.fr. « Il est hors de question qu’on s’arrête », prévient Maxime Cordier. Ce premier film en appelle d’autres. Le clap de fin attendra.