Claire Cosson

Refectory, le roi de la cantine d'entreprise ?

Vincent Dupied
Cofondateur
Refectory
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Vincent Dupied ceo Refectory

Fondée en 2015 sous le nom de Dejbox, la cantine digitale nordiste taille la route. Gérée au cordeau, elle affiche 70 M€ de chiffre d’affaires et est rentable. Avec l’arrivée de Michel Razou, ex-directeur général du Groupe Bertrand, comme actionnaire principal, elle est loin d’avoir dit son dernier mot.

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Avant de nous dévoiler les secrets de votre success story, rappelez-nous comment l’aventure Refectory (ex-Dejbox) a commencé ?

De deux constats. Le premier : en 2015, date à laquelle Adrien Verhack et moi-même avons décidé de fonder notre entreprise, la Food était alors décrite comme le nouvel Eldorado d’Internet. Le second : manger correctement, lorsque l’on travaille dans une société située en zone péri-urbaine, relevait véritablement de l’exploit. D’emblée, notre cible a donc été les TPE-PME-ETI, implantées en périphérie, et n’ayant pas de restaurant. Autrement dit, nous avons choisi d’aller là où personne d’autre ne va !

Comment avez-vous procédé pour attaquer à ce marché ?

Pour conquérir ce marché, notre idée a été de concevoir une prestation culinaire abordable (historiquement autour de 9/10 euros, aujourd’hui aux environs de 11,40 euros pour un plat, un dessert et une boisson), basée sur le bien manger pour le plus grand nombre. Nous avons ainsi créé une cantine digitale et développé une appli. Concrètement, nous proposons une large offre culinaire en ligne (30 recettes dans six univers culinaires différents), qui donne la possibilité aux convives de commander leur repas avant 10h30 et d’être livrés gratuitement à leur bureau.
Implantée à Lille, l’entreprise a rapidement étendu son champ d’action à la périphérie d’autres grandes villes : Bordeaux, Paris, Lyon, Grenoble… Dès 2018, nous affichions déjà 10 M€ de chiffre d’affaires avec plus de 400 000 repas livrés par mois.

Aujourd’hui, vous comptez 21 hubs en France et livrez plus de 35 000 convives quotidiennement. Une croissance sacrément soutenue. Comment l’expliquez-vous ?

En l’espace de dix ans, nous sommes passés du statut de start-up à celui d’ETI qui, avec ses 600 collaborateurs, a réalisé un chiffre d’affaires de 70 M€ et a atteint la rentabilité en 2023. Plusieurs raisons à cela. Bien entendu, nous avons eu des partenaires financiers qui nous ont aidés. Après quatre années adossés à Partech pour créer notre modèle, nous avons bénéficié de quatre autres années pour le passer à l’échelle nationale aux côtés de Carrefour. Ensuite, nous n’avons à aucun moment cessé de travailler, d’améliorer nos process et d’innover sur nos deux métiers à savoir : la restauration et la logistique. La valeur travail n’est pas un vain mot chez nous.

Alors, vous cuisinez désormais ?

En effet. Au départ, nous nous sommes appuyés sur un réseau de traiteurs locaux et nous travaillons encore en collaboration avec beaucoup d’entre eux, après une sélection de plus en plus poussée. Nous disposons toutefois désormais de deux ateliers de fabrication en propre. L’un en Belgique. L’autre, à Nantes (reprise de la Maison Hebel en décembre dernier). Cette internalisation nous permet de produire environ 40 à 50 % des repas et de maîtriser la qualité de notre offre culinaire ainsi que la chaîne de distribution du dernier kilomètre. Si d’autres acquisitions se présentaient, nous les étudierons. Car la qualité culinaire de la Food reste indispensable à mes yeux.

Qu’en est-il de vos avancées sur le plan logistique et data ?

Dans la livraison de repas, le nerf de la guerre réside en très grande partie dans la logistique. Sur ce point, nous avons développé un système de prévisions et d'itinéraires intelligents qui nous permet d’optimiser le taux de remplissage des tournées. Grâce à cette démarche nous parvenons à écraser le coût de la logistique aux environs de 1€/commande. 
Au niveau de la data, notre modèle permet d’atteindre moins de 3 % de gaspillage alimentaire, soit quatre à cinq fois moins en moyenne que le secteur.

Des résultats qui doivent séduire votre nouvel actionnaire, Michel Razou, de Refectory ?

L’arrivée de Michel Razou est une excellente nouvelle. Il arrive en effet dans une phase, où après avoir passé notre modèle à l’échelle nationale, nous allons le réinventer à nouveau. Son expertise en restauration et sa connaissance du monde agricole vont nous être utiles. Au cours des prochains mois, nous allons retravailler notre offre culinaire et nous engager en faveur des modèles biologiques fondés sur les pratiques agroécologiques. L’idée, c’est de disrupter les approvisionnements et de nous approvisionner en direct auprès des futurs producteurs. 
Parallèlement, nous souhaitons également booster notre offre physique de frigos connectés (plus de 100 installés). En faisant passer 15 % de nos 12 000 entreprises client sur une offre combinée cantine digitale et frigo connecté, nous devrions atteindre 100 M€ de chiffre d’affaires d’ici 2026.

Claire Cosson
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