[Top 100] « La croissance de Distriboissons repose avant tout sur la conquête de nouveaux clients »
Article publié dans le numéro Zepros Distributeurs RHD 25 - Spécial Top 100 - Edition 2026. Entretien réalisé le 24 juin.
Globalement, 2025 a été une bonne année pour Distriboissons. Dans un marché orienté à la baisse, notre réseau affiche une progression comprise entre 2,5 % et 3 % en valeur et entre 1,5 % et 2 % en volume. Cette performance s’explique principalement par le positionnement de nos adhérents, qui sont généralement leaders sur leurs marchés régionaux et restent très actifs dans la conquête de nouveaux clients. Dans un contexte marqué à la fois par des fermetures et des ouvertures d’établissements, mais aussi par des gains de clients auprès de la concurrence, nous enregistrons une croissance de plus de 4 % sur le seul indicateur « gains, solde, pertes ». Notre croissance est donc essentiellement portée par l’acquisition de clients. À périmètre constant, les marchés sont plutôt stables, voire légèrement négatifs.
Depuis la sortie de la période Covid et jusqu’à mi-2024, nous étions dans une dynamique relativement linéaire, avec des taux de croissance assez homogènes d’un mois sur l’autre. Depuis la seconde moitié de 2024 et tout au long de 2025, nous observons davantage de volatilité. Certains mois affichent des progressions pouvant atteindre + 14 % par rapport à l’année précédente, tandis que d’autres reculent jusqu’à - 5 %. Ces amplitudes étaient inhabituelles pour nous. Malgré cela, nous avons une nouvelle fois battu nos records en juillet 2025 avec des niveaux de chiffre d’affaires et de volumes jamais atteints auparavant.
Nos quatre grandes catégories – les bières, les boissons rafraîchissantes sans alcool, les spiritueux et les eaux – qui représentent près de 70 à 75 % de notre activité sont toutes en croissance, à la fois en valeur et en volume, ce qui confirme la solidité de nos fondamentaux.
Certaines catégories ont été plus sensibles en 2025. Les vins et les jus de fruits restent légèrement positifs en valeur mais reculent en volume. Pour les jus, cela s’explique notamment par les fortes hausses tarifaires observées sur la période. Pour le vin, les effets de mix produit et de prémiumisation ont permis de préserver un chiffre d’affaires positif mais les volumes sont passés en négatif. Nous constatons également cette tendance sur le champagne.
La catégorie spiritueux continue à être extrêmement dynamique chez nous et elle affiche des performances bien supérieures à la moyenne. Notre clientèle, composée en grande majorité d’établissements indépendants, sait particulièrement bien valoriser ces produits. Le développement de l’univers du cocktail soutient fortement cette dynamique.
Lorsque l’ensemble des données de nos adhérents sera consolidé, nous devrions atteindre environ 1,85 Md€ de chiffre d’affaires hors taxes. Cela représente de 92 à 95 % d’activité en CHR, et de 5 à 8 % hors CHR : associatif, caves et particuliers.
L’un des faits marquants de l’année concerne la poursuite de la démarche « RSE Engagé » menée avec l’Afnor. Aujourd’hui, près de 60 % des entrepôts du réseau sont engagés dans cette démarche, à différents niveaux de certification : initial, en progression ou confirmé. Parmi les entreprises certifiées au niveau confirmé figurent notamment les Groupes Montaner-Pietrini Murgier, Ouest Boissons, Rouquette, ou encore Richard.
Par ailleurs, plusieurs adhérents ont poursuivi leurs investissements logistiques. Ondet a notamment ouvert un nouvel entrepôt à Charensat et à Combronde, tandis que d’autres entreprises ont modernisé ou transféré leurs installations afin de disposer d’outils toujours plus performants. Le groupe MD Boissons poursuit son développement à travers plusieurs opérations de croissance externe, notamment avec la reprise de Boissons Joly (Cave de la Magdelaine et Cave de la Jamagne).
Par ailleurs, Distriboissons a accueilli Rossi Boissons à Marseille, et Charlemagne Boissons dans le Pas-de-Calais. Ces intégrations, finalisées fin 2025, sont opérationnelles depuis le début de l’année 2026. À l’inverse, deux adhérents ont cédé leur activité au cours de l’exercice : SDFB Distribution et Au Comptoir du Littoral ont été repris par des entreprises affiliées à un groupement concurrent.
Il est encore trop tôt pour communiquer des chiffres précis, mais le réseau reste dans une dynamique positive. Le début d’année a été pénalisé par une météo défavorable en janvier, février et mai, les mois de mars, avril et juin ont été positifs. Nous restons actuellement en croissance, tant en valeur qu’en volume.
Le rôle de Distriboissons n’est pas de piloter directement les projets des adhérents mais de maintenir leur indépendance tout en accompagnant leur quotidien pour les rendre toujours plus agiles et plus robustes. Nous travaillons donc avant tout à retrouver de la simplicité, à éliminer le superflu afin qu’ils puissent consacrer davantage de temps au service de leurs clients. Parmi les sujets « subis » du moment figurent : la réforme de la facturation électronique (RFE) ; les évolutions liées à la responsabilité élargie du producteur (REP) ; les nouvelles règles concernant la consigne au 1er janvier 2027, les enjeux de décarbonation, les dossiers RSE… Ces dossiers sont particulièrement consommateurs de temps et d’énergie pour les entreprises.
Les situations sont très diverses selon la taille des entreprises. Les plus grandes structures expérimentent plusieurs solutions : véhicules électriques, gaz, diversification des motorisations selon les usages. Les besoins diffèrent fortement entre la livraison urbaine, rurale ou en zone de montagne. Les structures plus modestes restent souvent dans l’attente d’une plus grande stabilité réglementaire avant d’engager des investissements lourds
Oui, la convention s’est tenue en mars 2026 et a rencontré un réel succès. Elle a permis de travailler autour du sujet « Ensemble » et de l’avenir de l’écosystème CHR. L’objectif était de réfléchir collectivement, avec nos fournisseurs et nos adhérents, aux moyens de préserver un modèle économique profitable et durable dans un contexte où les restaurateurs traversent une période difficile. Cette réflexion a suscité une forte mobilisation de l’ensemble des partenaires du réseau.
Notre position reste inchangée : nous privilégions les marques industrielles de nos fournisseurs. Nous disposons de quelques marques propres, essentiellement dans les univers du vin et du café, mais nous n’avons pas de stratégie d’élargissement sur ce sujet. Notre vocation est avant tout de défendre les marques de nos partenaires industriels et de travailler en étroite collaboration avec eux.