, mis à jour le 01/09/2026 à 08h28

[Top 100] « Notre priorité est de reconquérir des territoires pour accélérer notre développement commercial »

Amaury De Lépinau - Franck Andrieux
Directeur général - Directeur des opérations
Creno
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Amaury De Lépinau - Franck Andrieux

Article publié dans le numéro Zepros Distributeurs RHD 25 - Spécial Top 100 - Edition 2026. Entretien réalisé le 30 juin.

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Amaury de Lépinau, vous avez rejoint Creno récemment. Quel a été votre parcours ?

Amaury de Lépinau : Après deux années passées au sein du groupe Le Saint où j’avais la charge de l’activité Marée, j’ai rejoint à la mi-novembre 2025 le groupement Creno, où j’occupe désormais le poste de directeur général.

 

Comment s’organise la gouvernance du réseau ?

A.d.L. : Les mandats des présidents sont revus tous les six ans, ce qui était le cas en 2025. La gouvernance a évolué en milieu d’année afin d’insuffler une nouvelle dynamique au réseau, tant en termes d’achats que d’affiliations, le réseau est passé d’un à deux présidents. Depuis, c’est Stéphane Jean-Baptiste, président du Groupe Charlet, qui est devenu président de Creno SP, puis, à partir de janvier 2026, c’est Christine Louis, présidente de Fruitéleg, qui a pris la présidence de Creno Impex. Ajoutons que Benoît Gilles, groupe Coerys, est président de Creno Holding.
 

Qu’en est-il d’Ame Haslé qui était un adhérent important du réseau ?

A.d.L. : Ame Haslé a été placé en redressement judiciaire en février 2026 avant de quitter officiellement le réseau le 30 mars. Nous avons rapidement assuré la continuité de notre couverture territoriale en intégrant la société Boulet, une entreprise familiale basée sur le Min de Nantes, réalisant 8 M€ de chiffre d’affaires.
 

Y a-t-il eu d’autres mouvements au sein du réseau ?

A.d.L. : Pas en 2025. En 2026, nous accueillons notamment un nouvel adhérent en Bourgogne-Franche-Comté, basé à Gevrey-Chambertin : Mutin Primeurs, qui réalise 8 M€ de chiffre d’affaires. Ses actionnaires familiaux détiennent également la société de transport routier TEE (Trans Europ Express).
 

Quel bilan tirez-vous de l’exercice 2025 ?

Franck Andrieux : 2025 restera une année de transition importante pour le réseau. Nous avons connu, d’une part, un changement de gouvernance avec le renouvellement programmé des présidences en juin, d’autre part, l’absence prolongée de notre directeur général Pierric Bouleau à la suite de ses soucis de santé. Durant plusieurs mois, le comité de direction a donc assuré le pilotage de l’organisation jusqu’à l’arrivée d’Amaury de Lépinau en novembre.
Parallèlement, une nouvelle feuille de route stratégique a été définie sous l’impulsion de Stéphane Jean-Baptiste. Cette stratégie, qui nous mobilise depuis plusieurs mois, repose sur un mot d’ordre : la conquête. Conquête de nouveaux territoires, de nouveaux adhérents et de nouveaux clients.
La sortie d’Ame Haslé du réseau est également venue compliquer la fin d’année. Il a fallu rechercher rapidement un nouvel adhérent, accompagner son intégration et informer les clients afin d’assurer la continuité du service. Cela représente un travail quotidien d’anticipation afin de limiter au minimum les perturbations pour les clients.
 

Dans quel contexte économique le réseau a-t-il évolué ?

F.A. : L’environnement est resté particulièrement difficile. Les conditions météorologiques, le ralentissement de la consommation et la baisse de fréquentation dans la restauration ont fortement pesé sur l’activité. Lorsque le marché se contracte, la concurrence devient naturellement plus agressive et chaque appel d’offres devient plus disputé.
 

Quels ont été vos principaux succès commerciaux ?

F.A. : Nous avons notamment renouvelé pour trois ans un marché majeur en marée avec Elior. Nous avons également renouvelé les contrats avec les Armées, aussi bien en fruits et légumes qu’en produits de la mer. Nous travaillons désormais sur l’exécution de ces marchés sur 2026.
Nous avons aussi reconduit plusieurs contrats stratégiques dans le secteur de la santé et poursuivi notre développement dans la restauration collective : démarrage avec Api Restauration dans la région Ouest et en Ile-de-France. L’année 2025 a également marqué le démarrage du partenariat avec Sodexo, dans le Sud-Est. Après une année d’exploitation, les retours sont positifs, tant du côté du client que de notre adhérent en charge du contrat. Nous avons aussi perdu certains marchés importants. C’est notamment le cas de DomusVi, qui a opté pour un opérateur multifilière, et de Dupont Restauration du fait de son absorption par Compass Group France, lequel travaille avec un autre grossiste.
 

Vous évoquez une stratégie de conquête. Quels en sont les principaux axes ?

A.d.L. : La priorité est de renforcer notre maillage territorial de Creno. C’est le préalable indispensable à notre développement commercial. Nous avons commencé par renforcer notre présence en Bourgogne. Ensuite, deux zones restent insuffisamment couvertes : l’Est et le Sud-Ouest, malgré notre affilié DDS Distribution qui se développe bien dans le Sud-Ouest. Notre objectif est simple : être en mesure de proposer une véritable couverture nationale afin de pouvoir répondre aux appels d’offres des enseignes de restauration commerciale chaînées.

Comment accompagnez-vous vos adhérents dans cette stratégie de croissance ?

F.A. : Nous avons commencé par renforcer notre accompagnement sur les appels d’offres locaux publics. En effet, tous nos adhérents n’ont pas les mêmes ressources ni la même expérience dans ce domaine. Nous avons donc créé une fonction dédiée afin de les aider à structurer leurs dossiers, à répondre aux cahiers des charges et à professionnaliser leurs démarches. Cet accompagnement produit déjà des résultats très concrets, en Normandie, dans le Sud-Ouest. Il permet de remporter des marchés régionaux de 200 000 à 500 000 €. C’est intéressant pour chaque adhérent et, cumulés, ces marchés représentent plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires pour le réseau. Au-delà du résultat commercial, cette démarche fait progresser l’ensemble des adhérents. Ils acquièrent de nouvelles compétences, développent une véritable culture de l’appel d’offres et deviennent progressivement plus autonomes.
 

Cette dynamique participe-t-elle également à renforcer l’attractivité du réseau ?

A.d.L. : Nous devons adapter notre offre de services complémentaires. Aujourd’hui, les indépendants susceptibles de rejoindre Creno sont généralement des entreprises réalisant entre 5 et 10 M€ de chiffre d’affaires. 
 

Quels sont les autres chantiers du réseau ?

F.A. : La conquête se poursuit également au niveau de l’excellence opérationnelle. Le réseau reste certifié ISO 9001 et nous avons obtenu, fin 2025, la labellisation « Engagé RSE » au niveau deux étoiles dès notre première évaluation. C’est une belle reconnaissance, et nous avons pour objectif d’atteindre trois étoiles lors du prochain audit de l’AFNOR.
Nous continuons également à investir dans les outils numériques afin de simplifier le quotidien de nos adhérents et d’améliorer le service rendu à nos clients. Nous avons ainsi déployé une nouvelle plateforme qui centralise l’ensemble des fiches techniques des produits afin qu’elles soient utilisables par nos affiliés comme par nos clients pour répondre à des marchés publics. Les fournisseurs vont nous mettre ces documents à jour de façon très régulière afin de toujours disposer de la dernière version. L’ensemble sera opérationnel en septembre. Selon les marchés, une fiche technique incomplète ou obsolète peut faire perdre en effet des points lors des appels d’offres.
Nous considérons donc 2026 comme une année de reconquête territoriale, commerciale et opérationnelle.
 

Les grossistes doivent également composer avec la hausse des coûts. Quel est aujourd’hui l’impact de cette inflation ?

A.d.L. : Les tensions restent très fortes. Nous avons subi de plein fouet l’augmentation des coûts de transport, notamment à travers les pieds de facture carburant appliqués par les transporteurs. En revanche, nous n’avons pu répercuter que très partiellement ces hausses auprès de nos clients. Cette situation a pesé directement sur les marges des entreprises du réseau.

F.A. : Au-delà des carburants, toute la filière amont est impactée par une augmentation des coûts de production, qu’il s’agisse de la disponibilité des produits, des emballages, des engrais. Nous recevons désormais de plus en plus de notifications annonçant des revalorisations tarifaires. Si cette tendance se confirme, il faudra ouvrir des discussions avec nos clients afin de partager ces hausses de coûts. 
 

Directeur des rédactions du Pôle Restauration de Zepros, rédacteur en chef de Zepros Resto, rédacteur en chef de Zepros Distributeurs RHD. Actus Métiers, Fournisseurs Boissons, France des chefs…
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