, mis à jour le 01/09/2026 à 08h31

[Top 100] « Nous continuons à pousser la spécificité de notre modèle »

Alain Gauthron
Directeur du développement
France Frais
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Alain Gauthron FRANCE FRAIS

Article publié dans le numéro Zepros Distributeurs RHD 25 - Spécial Top 100 - Edition 2026. Entretien réalisé le 19 juin.

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Dans quelle mesure les conditions exceptionnelles de canicule pèsent-elles sur votre activité ?
Alain Gauthron

La distribution se fait tôt le matin en général, « à la fraîche », donc ce n’est pas encore trop pénible pour nos équipes. En revanche, cela pose des soucis sur certaines installations produisant du froid un peu vieillissantes, parce que celles qui ont été installées il y a vingt-cinq ans n’étaient pas prévues pour des températures de 40 °C… à l’ombre !
Par ailleurs, ce n’est vraiment pas idéal en termes de consommation alimentaire. Quand on passe un certain niveau de température, les gens ne sortent plus, ils ne mangent plus, même de la glace d’impulsion, et cela a beaucoup d’implications. Il faut faire avec et s’adapter.

 

Quel regard portez-vous sur l’exercice 2025 de France Frais ?
Alain Gauthron

Globalement, l’année 2025, et cela vaut d’ailleurs pour 2026, se caractérise par une croissance modérée, avec + 3 % de hausse du chiffre d’affaires, dans un contexte qui est chahuté, hétérogène et qui bouge de plus en plus vite. Certaines matières historiquement assez stables sont devenues relativement instables, avec des fluctuations énormes. Ainsi, le beurre est passé de 8 € à 4 € au kilo. Soit une baisse de 50 % sur un ingrédient essentiel de nos métiers. Cela a des impacts directs et très rapides sur des activités comme la boulangerie-pâtisserie. Notamment à Paris, où l’on fabrique beaucoup avec du beurre et où l’on recourt peu à la viennoiserie surgelée. Cela a aussi des conséquences dans le pilotage des stocks, des achats et du chiffre d’affaires.

À l’inverse, les prix des poissons blancs, notamment du colin d’Alaska, flambent, tout comme le bœuf qui a très fortement augmenté sur l’exercice de 2025. Il y a, là, des impacts matières qui sont difficiles à gérer pour nous et pour nos clients également. C’est assez perturbant. Le contexte crée un climat qui n’est certes pas catastrophique, car la consommation est toujours là. Elle est toutefois très difficile à prévoir.

Je citerai un troisième fait marquant de l’année écoulée. Il s’agit des mouvements de la consommation alimentaire qui sont de plus en plus rapides et massifs. C’est le cas notamment de la consommation ethnique ou de la consommation hyperprotéinée. L’essor des enseignes spécialisées dans le poulet illustre bien cette tendance, vers laquelle se tourne toute une frange de la population.

 

Dans ces 3 %, compte tenu de tous ces éléments de marché, avez-vous réalisé de la croissance en volume ?
Alain Gauthron

Nos volumes sont globalement stables. Nous ne nous en sortons pas trop mal car ils sont plutôt en régression sur le marché sur lequel nous intervenons. Quant aux chaînes en forte croissance, soit elles ont des circuits d’approvisionnement qui leur sont propres, je pense au kebab notamment, soit elles ne sont pas pour l’instant dans notre portefeuille.
La boulangerie-pâtisserie représente 18 % de notre activité. C’est effectivement un marché qui se développe, au bémol près du prix du beurre, et qui en chiffre d’affaires vient tempérer un peu les choses. Nous n’avons pas de baisse importante sur de gros circuits. La restauration sociale est relativement stable chez nous. Notre croissance de 3 % est relativement homogène selon les segments : boulangerie-pâtisserie, BCT et crémiers-fromagers, restauration commerciale indépendante.
 

Quels sont les faits notables de l’exercice écoulé ?
Alain Gauthron

Dans ce contexte, nous continuons à pousser la spécificité de notre modèle. Nous estimons qu’il faut faire des choix et se démarquer. Nous avons bien clarifié notre message entre la coopérative, le pôle transformation et le pôle distribution. Nous avions réalisé l’année dernière un premier travail sur la distribution en tant que telle avec un nouveau logo, notre signature « France Frais, une fédération de distributeurs qui appartient à des agriculteurs », et nous avons donc fait ce même travail au niveau du groupe Les Maîtres Laitiers, avec la signature « Nous sommes uniques car nous sommes différents » et, de fait, nous revendiquons de plus en plus, au travers d’actions de communication, ce modèle d’intégration verticale. Nous précisons qu’à travers ce positionnement nous jouons un rôle actif en faveur de la souveraineté alimentaire française : une partie significative de nos achats est réalisée auprès de notre coopérative, nous renvoyons une partie de nos profits en complément de prix de lait à cette coopérative, et donc nous pérennisons le métier de nos actionnaires. Ajoutons à cela des engagements concernant les produits que nous commercialisons, dont 90 % proviennent d’entreprises françaises. C’est à la fois notre ADN et un discours porteur vis-à-vis d’un certain nombre d’acteurs, notamment en restauration collective, mais pas seulement.

Cette année 2026 est marquée par une première participation au Salon de l’agriculture et par la célébration des quarante ans des Maîtres Laitiers.
 

Avez-vous réalisé de la croissance externe ?
Alain Gauthron

Oui, nous avons acquis au printemps une entreprise dans le domaine de la boulangerie-pâtisserie. Il s’agit de Provence Distribution Thoroise, une entreprise de taille relativement modeste de l’ordre de 7 M€ de chiffre d’affaires, mais qui est intéressante pour nous parce qu’elle vient couvrir un territoire sur lequel notre présence dans ce métier était encore limitée. Elle renforce donc nos positions.
 

Qu’en est-il de votre plateforme d’e-commerce B2B France Frais Connect ?
Alain Gauthron

Nous sommes toujours satisfaits de France Frais Connect, qui se développe bien. Nous avons passé la barre des 15 % de commandes et nous nous dirigeons tout droit vers les 25 %. Le panier moyen augmente. C’est vraiment un phénomène de fond.
 

Qu’est-ce qui vous occupe sur 2026 ?
Alain Gauthron

Nous allons continuer notre travail de communication sur le positionnement du groupe parce que nous pensons avoir une différence à faire entendre. Nous sommes mûrs pour ce discours qui peut faire la différence auprès d’un certain nombre d’acteurs. Ensuite, nous avons des enjeux de modernisation de notre réseau. Nous avons ouvert une plateforme flambant neuve au sud de Nantes grâce à laquelle nous passons de 1 800 m² à 6 000 m². 
 

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Directeur des rédactions du Pôle Restauration de Zepros, rédacteur en chef de Zepros Resto, rédacteur en chef de Zepros Distributeurs RHD. Actus Métiers, Fournisseurs Boissons, France des chefs…
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