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Cantines scolaires : la Cour des comptes pointe le décrochage des tarifs

, mis à jour le 23/04/2026 à 20h24
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Enfants qui mangent à la cantine scolaire

Le 14 avril dernier, la Cour des comptes a publié un rapport thématique sur la tarification des services publics locaux. Les cantines scolaires y occupent une place importante. Leurs tarifs ne couvrent qu'une fraction du coût réel des repas, l'écart se creuse, et les collectivités peinent à y remédier.
 

 

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Amélie de Montchalin ne fait pas dans la dentelle. La Première présidente de la Cour des comptes a présenté le 14 avril les résultats d'une enquête commune menée avec les chambres régionales des comptes sur la tarification des services publics locaux : eau, déchets, transports, crèches et cantines scolaires. Le verdict s’avère sévère. « Les collectivités gèrent leurs tarifs au coup par coup, sans vision d'ensemble, et sans toujours mesurer ce que cela coûte vraiment », indique le document. S’agissant plus spécifiquement de la restauration scolaire, les chiffres sont inquiétants. Un repas en cantine revient aujourd'hui à « probablement voisin de 10 € », selon une enquête de l'AMF citée dans le rapport. La différence entre ce coût réel et ce que paient les familles est absorbée par le budget des collectivités, donc par l'impôt local. Dans les cantines des communes (écoles maternelles et primaires), les familles ne couvrent « qu'un ordre de grandeur de l'ordre de 20 % à 30 % » du coût de revient. Pour les lycées, ce taux atteint 43 %. Sur un repas à 10 €, c'est donc entre 5,70 € et 8 € qui sont financés par la commune ou la région selon le niveau d'enseignement.
Un écart qui ne cesse de s'aggraver. « L'inflation alimentaire a atteint 20,2 % entre décembre 2021 et décembre 2024 », précise le rapport. Et d’ajouter, « les revalorisations successives du Smic ont alourdi les charges de personnel dans la restauration collective ».

Critique de la gratuité

Les coûts ont donc fortement progressé, mais les tarifs facturés aux familles n'ont pas suivi. La Cour est explicite sur ce point : les collectivités sont « réticentes à rehausser les participations des familles afin de suivre la dynamique des coûts de production des services destinés aux enfants », et « la proximité des élections municipales conforte cette position ». Pourtant, la fréquentation ne suit pas toujours. Si huit écoliers sur dix déjeunent à la cantine, trois collégiens sur quatre et seulement deux lycéens sur trois y ont recours, avec une tendance à la baisse pour ces derniers. Dans les établissements classés en zone REP ou REP+, la fréquentation tombe à 43 % des collégiens, malgré des tarifs sociaux quasi systématiques. Le prix n'est pas donc le seul obstacle à l'accès à la cantine selon la Cour.
La gratuité totale, adoptée par certaines communes au nom de l'équité sociale, n'échappe pas non plus à la critique. La Cour prend l'exemple de Saint-Denis : en instaurant la gratuité, la commune « se prive durablement d'une ressource estimée par la chambre à un minimum de 3,6 M€ par an ». La gratuité génère par ailleurs de l'absentéisme : le rapport souligne qu'elle « favorise l'absentéisme d'une partie des usagers pour les services à capacité limitée », dont la restauration scolaire est explicitement citée. Saint-Denis a d'ailleurs dû instaurer une réservation obligatoire quatre jours à l'avance et des pénalités de 2 € à partir de la quatrième absence injustifiée.

Choisir le revenu de référence

Pour redresser la barre, la Cour formule évidemment plusieurs orientations concrètes. A commencer par publier des rapports annuels volontaires sur le coût et la qualité du service de restauration scolaire, à l'image de ceux déjà existants pour l'eau. Elle préconise également de sanctionner l'absentéisme injustifié dans les services gratuits et de mieux informer les familles de ce que la cantine coûte vraiment. Enfin, elle recommande de remplacer le revenu imposable par le revenu fiscal de référence pour les tarifications sociales, jugé « plus exhaustif et équitable ».

Rapport Cour des Comptes

Document
Rédactrice en chef de Zepros La Collective, Claire Cosson cultive une passion singulière pour l’univers de la restauration collective. Depuis plus de vingt ans, elle observe et décrypte les mutations d’un secteur souvent discret mais essentiel.
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