Cantine gratuite : le « strike » gallois !
Le Pays de Galles a récemment dressé un premier un bilan de sa politique de gratuité universelle en primaire. Fort d’un investissement annuel de 115 M€ cette réforme s’avère être un levier de performance scolaire et un véritable laboratoire pour la restauration collective européenne.
Le Pays de Galles ne fait pas les choses à moitié. En devenant la première nation du Royaume-Uni à avoir généralisé (depuis septembre 2024), la gratuité totale des déjeuners pour tous les écoliers du primaire, le gouvernement gallois signe une avancée majeure en restauration collective. Terminé le casse-tête administratif de l’éligibilité et la stigmatisation des familles modestes qui polluent trop souvent le passage à la cantine. Le programme UPFSM a fait sauter les verrous ! Désormais, tout le monde mange à la même table, sans distinction de revenus. De quoi créer une mixité sociale de fait dès le plus jeune âge.
Une décision dont le gouvernement a tiré un premier bilan, le 4 mars dernier. Sur le terrain, la mesure fait mouche et l’adhésion s’avère massive. Le taux de fréquentation moyen culmine à 69 % en ce début d'année. Logique. Face à une envolée des prix alimentaires, la mesure constitue une véritable bouffée d'oxygène pour les familles. Mais pour garantir la qualité nutritionnelle sans étrangler les prestataires, l’exécutif a dû délier les cordons de la bourse. Le financement par repas a ainsi été porté en décembre dernier à 3,40 £, soit environ 3,93 €, pour sécuriser les approvisionnements.
Cet effort budgétaire colossal se traduit par un coût de fonctionnement annuel de 115 M€. A cela s'ajoute une rallonge de sécurité de 9,2 M€ injectée récemment pour compenser l'envolée des coûts matières. Au-delà de l’assiette, le pays a également investi 70 M€ pour moderniser les cuisines et agrandir les réfectoires pas dimensionnés pour absorber ce flux massif de nouveaux convives.
La Secrétaire d'État à l'Éducation, Lynne Neagle, s'est félicitée de ces premiers indicateurs lors de la présentation du rapport gouvernemental. « Cette évaluation montre que nous ne nous contentons pas d'alléger le fardeau financier des ménages, mais que nous créons également des environnements scolaires plus inclusifs où chaque enfant peut partager un repas nutritif. Garantir une alimentation adéquate favorise leur capacité d'apprendre et de s'épanouir », a-t-elle expliqué en substance. De fait, l'impact pédagogique bluffe aujourd'hui les acteurs locaux. À l'école de Garnteg, la directrice Sue Roche est formelle : « un déjeuner chaud et équilibré change radicalement la donne une fois de retour en classe pour les cours de l'après-midi. » Les retours de terrain confirment une concentration accrue et un climat scolaire bien plus apaisé. Le repas universel devient ici un outil d’apprentissage à part entière, où les enfants apprivoisent la diversité alimentaire dans un cadre collectif serein.
Le Pays de Galles entend ne pas s’arrêter en si bon chemin. Il prépare déjà la suite de son plan de bataille. Prochaine étape : le 31 octobre, date à laquelle de nouvelles normes nutritionnelles draconiennes entreront en vigueur pour l'ensemble des établissements et des crèches. L'objectif est clair : « sanctuariser l'équilibre alimentaire et harmoniser l’offre qualitative sur tout le territoire national. »