Entreprise à mission : Elior France s'engage sur l'honneur et sur les résultats
Le 9 juin, Elior France a adopté le statut d'entreprise à mission. Un engagement juridique fort, mais surtout un acte de cohérence pour un opérateur qui nourrit chaque jour plus d'un million de convives en France. Résultats déjà obtenus, objectifs chiffrés, gouvernance renforcée : le groupe choisit d'être jugé sur les actes.
Elior France franchit une nouvelle étape dans sa stratégie RSE. Le 9 juin, à Créteil, au siège de l'entreprise, le groupe a officialisé son adoption du statut d'entreprise à mission. La démarche, permise par la loi PACTE, consiste à inscrire dans les statuts une raison d'être et des objectifs d'intérêt général, suivis dans le temps et soumis à évaluation externe. Pour Elior, l'enjeu est clair : ne pas faire de la responsabilité sociale et environnementale un discours périphérique, mais un axe de gouvernance à part entière. Le groupe, qui compte 18 000 collaborateurs en France et sert plus de 1,1 million de convives chaque jour, inscrit ainsi quatre missions au cœur de son modèle : nourrir et servir durablement, préserver les ressources, soutenir une économie responsable, cultiver les talents et les différences.
Ce choix ne doit rien au hasard. Elior a engagé depuis plusieurs années une transformation de fond et entend désormais l'encadrer dans un dispositif plus exigeant. « Devenir entreprise à mission, c'est inscrire dans nos statuts ce qui guide déjà notre action au quotidien », souligne Mickaël Girard, directeur général d'Elior France. Il insiste sur la portée du statut : ce n'est « pas un label qu'on s'attribue », mais un cadre appelé à mesurer des résultats concrets.
Ce qui a déjà changé
Ces résultats, le groupe les décline pilier par pilier. Sur la préservation des ressources, Elior affiche une réduction de plus de 50 % du gaspillage alimentaire depuis 2021, et travaille sur les emballages, la consommation d'énergie et la trajectoire carbone, avec un objectif 2030 encore à atteindre. L'assiette reste au centre du sujet : près des trois quarts de l'empreinte carbone d'Elior France seraient liés aux denrées alimentaires. D'où les leviers annoncés : végétalisation, diversification des protéines, produits français et de saison. Un score environnemental a également été déployé sur plus de 90 % des restaurants d'entreprise et d'enseignement supérieur, pour informer les convives sur l'impact climatique des recettes servies.
Sur le volet sanitaire et nutritionnel, Elior suit de près la part de plats principaux Nutri-Score A ou B et vient de renouveler sa certification ISO 22000 sur le management de la sécurité des aliments. Quinze additifs ont par ailleurs été supprimés des recettes, tandis qu'une soixantaine restent sous surveillance active.
Du côté des équipes, le groupe se dit au-delà de ses objectifs sur les heures de formation par salarié et sur la part de collaborateurs en situation de handicap. Plus de 160 chefs ont déjà été formés à la cuisine végétarienne. Un signal cohérent avec la volonté de replacer le savoir-faire culinaire au cœur de la transition alimentaire.
Des objectifs chiffrés sur les filières
C'est sur le quatrième pilier, les filières, que les engagements sont les plus concrets. Elior affiche déjà un peu plus de 60 % d'approvisionnements alimentaires d'origine française, avec un objectif fixé à 80 %. D'ici 2028, 100 % des œufs servis proviendront de poules élevées hors cage. Quatre millions de litres de lait doivent basculer en filière équitable, garantissant une juste rémunération aux éleveurs. Un partenariat avec Ethic Océan doit enfin accompagner le travail sur les produits de la mer et la préservation des ressources halieutiques.
Pour Boris de Richebourg, président d'Elior Group, ce choix s'inscrit dans une phase de stabilisation durement acquise. Après plusieurs années de transformation, il y voit un marqueur d'ancrage dans le temps. « Une société à mission, ce n'est pas neutre. Ce n'est pas une décision qui se prend comme ça du jour au lendemain », a-t-il rappelé, soulignant la responsabilité d'un groupe de plus de 130 000 collaborateurs dans le monde, servant 3 millions de repas par jour : « l'impact qu'on peut avoir, c'est colossal. »
Reste à faire vivre cette mission au quotidien. Un comité de mission, composé de membres internes et de deux personnalités externes (dont Anne Tison, directrice générale d'Excellents Excédents, et Guillaume Gomez, ancien chef de l'Élysée) sera chargé du suivi. Un rapport annuel de durabilité devra rendre compte des actions menées et des résultats obtenus. La promesse ne sera donc pas jugée sur l'intention, mais sur la capacité à embarquer les équipes, les fournisseurs et les clients. Pour un acteur de la restauration collective, la mission ne se joue pas dans les statuts : elle se vérifie chaque jour dans l'assiette.
La restauration collective, terre de missions
Elior France n'est pas pionnière, mais elle est la plus grande. Depuis que la loi PACTE a instauré le statut d'entreprise à mission en 2019, le mouvement a progressivement gagné la restauration. Le secteur compte aujourd'hui 37 sociétés à mission référencées (source : Communauté des entreprises à mission, entreprisesamission.org), dont plusieurs acteurs de la restauration collective. Restoria, ETI angevine préparant quelque 60 000 repas par jour, a été la première société de restauration collective à franchir le pas, dès décembre 2021. Api Restauration, entreprise familiale nordiste cuisinant près de 950 000 repas quotidiens, a suivi en 2023. Ansamble, FoodChéri et Foodles ont également adopté ce statut.