Le GHR demande un moratoire sur toute nouvelle charge en 2027
Le Groupement des Hôtelleries & Restaurations de France réclame un moratoire sur toute charge fiscale, sociale ou réglementaire pour 2027, dans un courrier au Premier ministre. Le secteur a enregistré 9 434 défaillances en 2025, une tendance que confirme le premier semestre 2026.
Le GHR demande au gouvernement de renoncer à toute charge nouvelle pour la restauration en 2027. Dans un courrier adressé au Premier ministre et au ministre de l'Économie et des Finances, le Groupement des Hôtelleries & Restaurations de France réclame un moratoire sur toute charge fiscale, sociale ou réglementaire pesant sur les hôtels, cafés et restaurants.
Le courrier a également été transmis aux ministres chargés du Travail, ainsi que des PME, du Commerce, de l'Artisanat, du Tourisme et du Pouvoir d'achat. Alors que se prépare le projet de loi de finances et le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, le GHR demande de renoncer à toute création ou augmentation de taxe, d'impôt, de cotisation, de contribution ou de charge réglementaire pesant sur le secteur.
Une troisième année noire
En 2024, les hôtels, cafés et restaurants avaient enregistré 8 714 défaillances, dont 7 067 dans la restauration. En 2025, ce nombre avait augmenté pour atteindre 9 434 défaillances, dont 7 715 restaurants. Le premier semestre 2026 confirme la tendance : 5 032 procédures collectives ont déjà été ouvertes dans les CHR, soit une hausse de 5,4 %. Au seul deuxième trimestre, 1 969 établissements de restauration ont fait l'objet d'une procédure collective, en progression de 9,9 % sur un an. Près des deux tiers des procédures ouvertes dans le secteur sont des liquidations judiciaires directes.
« Cette succession de chiffres ne traduit pas une difficulté passagère. Elle révèle une fragilisation profonde du tissu économique de l'hôtellerie-restauration », écrit Catherine Quérard, présidente du GHR, au Premier ministre.
Des charges qui s'accumulent
Les professionnels subissent une hausse continue de leurs charges sans pouvoir la répercuter intégralement dans leurs prix, alors que la consommation dans les restaurants se contracte sous l'effet des difficultés de pouvoir d'achat. « Dans ces conditions, les marges se réduisent, les trésoreries s'épuisent et un nombre croissant d'établissements ne parvient plus à absorber le moindre surcoût », alerte la présidente.
Le gel des allégements sur les bas salaires aggrave la situation. Les professionnels ne contestent pas la revalorisation du SMIC intervenue le 1er juin. Ils dénoncent une mesure qui accroît le coût du travail dans un secteur intensif en main-d'œuvre, où la masse salariale constitue le premier poste de charges. Pour un restaurant employant cinq salariés au SMIC hôtelier, la hausse des rémunérations et la perte d'allègements représentent un surcoût minimal estimé à 5 815 euros par an, dont 2 580 euros résultent du seul gel des allègements.
Trois demandes au gouvernement
Le GHR réclame un moratoire sur toute charge fiscale, sociale ou réglementaire nouvelle en 2027, la neutralisation des conséquences du gel des allègements patronaux pour les secteurs intensifs en main-d'œuvre, et une concertation préalable sur toute mesure susceptible d'augmenter les coûts d'exploitation.
Catherine Quérard a demandé un entretien au ministre de l'Économie et des Finances dès la rentrée. « Les chiffres sont désormais connus et les conséquences des décisions prises sur le coût du travail sont documentées. Toute mesure qui alourdirait encore les charges du secteur serait donc adoptée en pleine connaissance du risque qu'elle ferait peser sur la survie de milliers d'établissements », prévient-elle.
Le GHR fédère 12 000 établissements qui emploient plus de 150 000 salariés sur l'ensemble du territoire, dont les neuf plus grands groupes de restaurants en France.