Les monnayeurs automatiques, cible privilégiée des malfaiteurs

, mis à jour le 13/02/2026 à 11h45
Image
Vol de monnayeur

La boulangerie étant l'un des rares commerces à accueillir de nombreux flux d'espèces, elle devient doit subir les attaques d'individus malveillants, cherchant à mettre la main sur ces précieuses devises. Les équipements automatiques devant permettre de sécuriser la gestion de cet argent connaissent un essor du vandalisme les ciblant, avec un mode opératoire bien rodé. 

Partager sur

Moins de trente secondes. C'est le temps record qu'auront passé les malfaiteurs au sein de la boutique d'Amilton Dos Santos, installé à Méré (78). L'artisan boulanger racontait fin janvier ses mésaventures au journal Le Parisien, décrivant des individus dotés d'une grande efficacité. Leur cible : le monnayeur automatique installé au sein de la boutique. Ayant acquis une bonne connaissance du fonctionnement de ces outils, les malfaiteurs sont en capacité d'en extraire le bloc stockant les espèces en quelques secondes. Au delà de l'aspect technique, ces bandes aux techniques bien rodées peuvent compter sur la confiance qu'entretiennent les chefs d'entreprise vis à vis de ces machines : elles demeurent remplies la nuit dans de nombreuses structures. Une trentaine d'établissements situés dans les Yvelines auraient été touchés par ce phénomène... qui peut frapper le même artisan à plusieurs reprises. Des professionnels tels que les frères Dassonville, implantés à Saint-Germain-en-Laye (78) ont été ainsi visités de façon nocturne à quelques jours d'intervalle.

Renforcer la sécurité

Certains malfaiteurs n'hésitent pas à utiliser des dispositifs impressionnants, à l'image de la voiture-bélier, pour forcer rideaux de fers ou portes blindées (qui demeurent rares chez les boulangers). Les réparations peuvent alors se chiffrer à plusieurs milliers d'euros. Afin de dissuader de telles attaques, le réflexe de vider les machines s'impose à l'ensemble des boulangers... malgré les complexités opérationnelles réelles que cela représente. "Les banques tentent de plus en plus de limiter les dépôts d'espèces dans leurs agences. Cela peut impliquer la mise en place de frais supplémentaires, qui s'ajoutent aux risques encourus par les commerçants lors du transfert des fonds", observe Nicolas Sieller, président de Synapsy. Le spécialiste breton des solutions d'encaissement a ainsi développé une solution en partenariat avec Brink's, spécialiste reconnu de la gestion des flux monétaires. "Les commerçants sont crédités sur leur compte bancaire dès le dépôt des espèces dans l'équipement Cash Safety, qui est considéré comme faisant partie intégrante du réseau Brink's. Les convoyeurs de fonds de l'entreprise viennent ensuite chercher les devises", ajoute le dirigeant. Si un tel dispositif présente un coût, elle apporte néanmoins une précieuse sérénité dans le quotidien des chefs d'entreprise. En parallèle de l'apparition de telles initiatives, les fabricants et distributeurs des monnayeurs automatiques travaillent à améliorer l'inviolabilité des équipements. Cela impliquera néanmoins des modifications matérielles qui seront longues et coûteuses à déployer dans les structures déjà équipées.

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
Partager sur

Inscrivez-vous gratuitement à nos newsletters

S'inscrire