Une nouvelle subvention apparaît pour prévenir les risques liés aux poussières de farine
Préserver les boulangers des troubles respiratoires est un enjeu de santé majeur pour l'ensemble de la profession. La filière se mobilise autour du sujet, en associant meuniers et fabricants de matériel afin de créer un environnement plus sain et tout aussi productif. L'Assurance Maladie accompagne désormais cette transition avec des aides financières adaptées, afin d'alléger le poids que ces investissements peuvent représenter pour les entreprises.
Le constat dressé par la Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM) est alarmant : un quart des cas d'asthme professionnel concerne les seuls boulangers. Qu'il s'agisse de fabriquer du pain ou nettoyer du matériel, les artisans sont en permanence en contact avec la farine et avec les poussières qu'elle génère. Avant même l'apparition de l'asthme, des phénomènes bénins tels que la rhinite du boulanger ou la dermatite peuvent survenir, ce qui nécessite une vigilance constante pour détecter et traiter les cas avant l'apparition d'affections de longue durée. Des estimations réalisées au début des années 2000 démontraient l'ampleur du phénomène : la rhinite toucherait 10 à 30% des boulangers et l'asthme 7 à 15% de cette même population.
Des outils adaptés
Désormais, la filière dispose d'équipements permettant de réduire les risques. Batteurs, pétrins, farineurs, diviseuses, aspirateurs... autant de machines indispensables qui peuvent faire l'objet d'une conception spécifique, reconnue par une homologation délivrée par le Laboratoire National de la Boulangerie Pâtisserie (LEMPA). La liste des équipements est disponible sur le site de l'organisation. Ils peuvent désormais faire l'objet d'une prise en charge de 70% sur le montant de l'acquisition par la CNAM afin de soutenir les entreprises dans leurs démarches de prévention. Cette nouvelle mesure, qui reconnaît le risque spécifique au métier et est réservée aux structures de moins de 50 salariés, nécessite pour les boulangers de réaliser des démarches via Net-Entreprises, au sein de la section dédiée "Subvention Poussières de Farine".
Une formation obligatoire pour obtenir toute subvention
Les investissements ne peuvent être subventionnés que si un acte de formation, sur le sujet des risques machine liés aux poussières de farine, a été réalisé au préalable. Ce dernier permet d'obtenir une attestation, demandée par la CNAM. Le LEMPA est en mesure de réaliser la formation, avec financement possible à 70% via les CARSAT dans certaines régions (Normandie, Hauts-de-France, La Réunion, Bourgogne–Franche-Comté, Alsace-Moselle…), ou au travers des OPCO dans les autres territoires.