, mis à jour le 28/08/2026 à 09h36

[Top 100] « Nous construisons l’avenir ! »

Alexandre de Suzzoni
Directeur de la BU Foodservice
Groue Stef
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Article publié dans le numéro Zepros Distributeurs RHD 25 - Spécial Top 100 - Edition 2026. Entretien réalisé le 17 juin.

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Les 15 % de croissance de chiffre d’affaires de la BU Restauration ont-ils été atteints ?
Alexandre de Suzzoni

Nous enregistrons une progression de 16,8 % de notre chiffre d’affaires prestations en 2025, c’est-à-dire de nos tarifs de prestations logistiques, hors marchandises. Cet indicateur correspond, pour un grossiste, à la notion de marge brute. Le poids de l’activité foodservice est passé à 7 % du CA de Stef en France, uniquement en prestations. Notre chiffre d’affaires comptable, c’est-à-dire le négoce purement de Stef Restauration France (SRF) plus les prestations de services 4 PL et 3 PL, s’est élevé à 818 M€ en 2025 contre 748 M€ l’année d’avant, donc une progression de 9,35 %. Précisons que nous ne réalisons pas le négoce de tous nos clients, c’est pourquoi la progression des prestations (16,8 %) est beaucoup plus importante que celle du négoce (9,35 %). Lorsque nous globalisons le CA SRF et les activités 3 PL confiées par divers de nos clients dont notre filiale QSR Logistics, l’impact marché total, exprimé en équivalent grossiste, s’est élevé à 1,64 Md€, en progression de 5,7 % sur un an.
La croissance atypique que nous annoncions s’est confirmée. La progression du marché de la RHD est de plus en plus tenue en valeur et elle est portée quasi exclusivement maintenant par l’inflation. Croissance atypique donc, parce qu’une hausse de 16,8 % du chiffre d’affaires prestations signifie très clairement que nous avons gagné des clients. Notre croissance de l’année est tirée, d’une part, par des clients existants qui performent mieux que le marché et, d’autre part, par l’effet année pleine des démarrages de dossiers 2 024 et l’intégration de nouveaux clients en 2025. Au final, plus de la moitié de notre croissance de 2025, soit 54 %, est issue des démarrages de 2025 : nous avons démarré les opérations pour Il Ristorante en février, Flunch en avril, Feuillette progressivement d’avril à juin, Dunkin’ avant l’été et Foodiz après l’été. Ensuite, 14 % de notre croissance provient de l’effet année pleine des nouveaux clients de 2024 ; enfin, 30 % de notre croissance est portée par la croissance régulière de nos clients historiques.

 

Comment avez-vous fait évoluer votre dispositif ?
Alexandre de Suzzoni

Nous avons ouvert en juin 2025 le site de Bédée, près de Rennes. C’est un site qui aujourd’hui fonctionne pour Burger King, sans toutefois être exclusif. Il est doté de réserves foncières importantes et une extension peut être envisagée pour accueillir d’autres clients nécessitant une implantation en Bretagne.
Ensuite, nous avons engagé les travaux de transformation et d’extension du site de Custines, à côté de Nancy. Cela représente un investissement de l’ordre de 15 M€. La toute nouvelle chambre surgelée de Custines va nous permettre de multiplier par presque cinq la capacité du site qui était toute petite en surgelé, et aussi de gérer des stocks d’approche, notamment sur le marché français. C’est la première étape ; la deuxième étape sera livrée à l’été 2027, avec la création d’une chambre en produits secs et le remodeling complet de l’activité produits frais du site.
Enfin, nous avons poursuivi le déploiement de notre ligne robotisée de préparation de colis surgelés à Miramas avec un objectif clair d’amélioration des conditions de travail. Elle n’est pas encore au niveau que nous souhaitons en raison de contraintes de normalisation de packaging avec les différents industriels. C’est un site pilote, nous apprenons chaque jour et sollicitons la collaboration de nos clients et de leurs fournisseurs pour faire progresser cette ligne.
 

Qu’en est-il en matière d’effectifs ?
Alexandre de Suzzoni

Notre effectif a progressé de 16 % sous l’effet de la croissance des activités de production et de 4 PL, mais aussi d’un effort de recrutement soutenu sur les profils d’encadrement. Nous accueillons en permanence une dizaine de jeunes diplômés au sein de la BU, que nous formons, qui constituent notre « vivier management » et sur lequel nous sommes extrêmement investis.
Nous construisons l’avenir ! Notre taux de transformation dans la BU approche les 80 %, ce qui, même chez Stef, est très élevé. La raison est simple : notre BU étant en forte croissance, les jeunes qui nous rejoignent ont vite du travail et des responsabilités ! C’est pour moi une grande satisfaction. Nous commençons d’ailleurs à essaimer dans le groupe : après avoir passé quelques années chez nous, certains vont ensuite dans des filiales à l’étranger, dans d’autres BU ou directions métiers.
Nous allons continuer à étoffer nos équipes en lien avec le développement de l’activité et avec une dimension à laquelle je suis très attaché : la féminisation des effectifs. Nous comptons aujourd’hui 40 % de femmes dans l’encadrement de la BU Foodservice, ce qui n’est pas tout à fait courant dans nos métiers. Cela est lié notamment au développement des jeunes diplômées.
 

En matière de RSE, avez-vous développé votre production électrique ?
Alexandre de Suzzoni

En termes de puissance photovoltaïque, nous sommes passés de 1 000 kilowatts-crête (kWc) à 2 500 kWc. Cette multiplication par 2,5 de notre capacité de production électrique photovoltaïque au sein de la BU nous hisse désormais à 13 % d’autoconsommation en moyenne. Certaines filiales sont même à plus de 25 % d’autoproduction. Précisons toutefois qu’électricité autoproduite ne signifie pas pour autant électricité gratuite. C’est un investissement avec un amortissement dans la durée.
Concernant la décarbonation de la flotte de notre BU, nous sommes à 82 % de véhicules verts, c’est-à-dire biogaz, biodiesel ou électrique. En combinant ceci au verdissement de la flotte de nos sous-traitants sous contrat et de Stef Transport, nous avons réduit de 40 % notre empreinte CO2 au kilomètre en 2025 par rapport à 2019.
 

Vous avez l’habitude de résumer votre exercice en deux mots clés. Quels sont-ils cette année ?
Alexandre de Suzzoni

Robustesse et agilité. Ces deux exigences se nourrissent mutuellement. Il faut à la fois être robuste sur les process, grâce à des fondamentaux solides qui nous permettent d’accompagner des clients dont les besoins sont croissants. Et l’agilité, c’est la capacité de nous adapter et de faire évoluer nos organisations. 
 

Quelle est votre prévision de croissance en 2026 ?
Alexandre de Suzzoni

Elle sera au rendez-vous, probablement pas loin des deux chiffres à nouveau. Mais l’enjeu reste la robustesse et la souplesse car l’environnement marché est encore plus sous contrainte qu’en 2025 : ralentissement des ouvertures de la part des chaînes, voire réduction des parcs, intensification de la concurrence des offres à bas coûts… Autant d’éléments qui pèsent sur les enseignes, leurs franchisés, les distributeurs et les industriels. Tout le monde est sous pression. Pour nous, cela veut dire, d’un côté, à nouveau accompagner nos clients existants en termes de souplesse de service, et de l’autre côté, démarrer de nouveaux clients.
 

Quels sont ces nouveaux clients ?
Alexandre de Suzzoni

Nous avons cette année trois nouveaux clients qui sont programmés et qui devraient apporter près de 10 % de croissance. Le premier contrat a démarré en avril, c’est la chaîne Exki, principalement présente dans le travel retail, que nous opérons depuis la Belgique pour distribuer sur le Benelux et la France. Nous démarrerons en juillet avec Taster, avec notamment sa marque Pepe Chicken, puis en octobre, un 3e contrat avec une grande enseigne de restauration rapide.
 

Y aura-t-il des investissements dans la flotte ?
Alexandre de Suzzoni

Sur l’année 2026, il n’y a pas de changement notoire prévu sur la partie flotte de véhicules, parce qu’il subsiste de nombreuses incertitudes concernant les technologies et les aides. Nous restons sur un triptyque de verdissement de la flotte, selon les usages : électricité possible pour l’urbain, soit Paris, Lyon, Bordeaux ; du bio GNC sur les grands sites de la région parisienne principalement et à Marseille. Le troisième moyen, c’est le camion biodiesel, comme à Rennes, Lyon, où ce type de véhicule est le mieux adapté, avec toutefois la contrainte d’un avitaillement uniquement sur site ; ce sont donc des camions qui font des boucles.
 

Que préparez-vous sur l’international ?
Alexandre de Suzzoni

L’agilité européenne est essentielle. Nous devons nous adapter à l’évolution des besoins de nos équipes et de nos clients à travers les pays en Europe. Nous avons de nombreux projets dans plusieurs pays, à savoir : des ouvertures de nouveaux sites et des démarrages de nouveaux contrats. Il y a bien sûr des priorités, à commencer par l’Italie où nous ouvrons deux entrepôts cette année, un cet été, et un autre à la fin de l’année : à Milan et à Rome. Ensuite, le Portugal, où nous enregistrons une forte croissance et où nous nous préparons à ouvrir un deuxième entrepôt, sous réserve du résultat d’un appel d’offres. Et puis l’Espagne, où nous menons une importante recherche foncière qui sera le préalable d’un développement additionnel.
Précisons que, désormais, la BU Foodservice de Stef s’est dotée d’une équipe en charge notamment du déploiement du foodservice en Europe. L’internationalisation de l’activité comprend deux dimensions : d’une part, l’accompagnement des clients qui en ont besoin sur les autres périmètres Stef, en Espagne, en Italie, au Portugal, en Belgique, en Suisse, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas ; d’autre part, le déploiement des best practices du foodservice dans les autres pays où est présent le groupe. Cela devient une activité extrêmement structurante pour la BU et plus largement pour le foodservice chez Stef. 
 

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 SITE STEF BEDEE _ CR Stef
Directeur des rédactions du Pôle Restauration de Zepros, rédacteur en chef de Zepros Resto, rédacteur en chef de Zepros Distributeurs RHD. Actus Métiers, Fournisseurs Boissons, France des chefs…
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