[Top 100] « Pas de grands scoops, mais une solide détermination ! »

, mis à jour le 03/09/2026 à 08h20
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Olivier Feno-Feydel et Yves Braun.

Entretien avec Yves Braun, directeur général des opérations de Vivalya et Olivier Feno-Feydel, directeur général de Vivalya.

Entretien réalisé le 9 juin. Article publié dans le numéro Zepros Distributeurs RHD 25 - Spécial Top 100 - Edition 2026.

 

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Quel bilan tirez-vous de l’année 2025 et du premier semestre 2026 ?

Olivier Feno-Feydel : En premier lieu, beaucoup d’activité ! Et c’est une bonne nouvelle. Nos adhérents sont déterminés et avancent sur les questions de décarbonation, de RSE, d’antigaspi… Autant de sujets qui pourraient être abandonnés dans une période économiquement complexe, ce n’est pas du tout le cas. Nous continuons au contraire à accélérer sur ces chantiers. En outre, nous communiquons mieux et davantage. Nous prônons une constance dans la défense des territoires et de la production locale. Pas de grands scoops, mais une solide détermination. Nous nous installons dans le paysage chaque année un peu plus, un peu mieux, un peu différemment. Nous avons aussi la volonté de participer humblement à la vie du métier de grossiste à travers l’UNCGFL et la CGF Alimentaire avec l’envie de prendre la parole dès que cela sera nécessaire.

Yves Braun : La période est évidemment mouvementée. Nous avons la chance d’avoir des structures solides, nos adhérents ont de bons résultats, notamment grâce à la diversification de nos clients. Aujourd’hui, la restauration commerciale traverse une période plus difficile mais la restauration collective se porte bien, nous avons aussi une belle activité en grande distribution. Cela nous permet de progresser en termes de clients et de chiffre d’affaires. Disposer de 73 entreprises distribuant sur toute la France offre une belle flexibilité et une grande réactivité. Cela fait notre force, car nos clients ont besoin de cela : des fournisseurs agiles qui répondent rapidement à leurs besoins.

Comment se portent vos différentes activités ?

Y.B. : La marée est très dynamique. La raréfaction de l’offre et les prix plutôt élevés ne nous laissent pas le choix. Nous sommes force de proposition avec des produits service et même des marques qui se sont développés afin de s’inscrire sur le plus long terme. Les fruits et légumes représentent un marché plus stable et installé. Notre préoccupation est surtout que nos producteurs puissent continuer à vivre correctement de leur travail. Livrer des restaurants de tous segments, par exemple, de la boulangerie, des ministères, des étoilés Michelin, des prisons, l’armée, des collèges ou encore des crèches, nous permet d’être présents pour tous nos producteurs. Si les calibres sont plus petits nous avons les débouchés, si les produits sont plus fragiles nous avons les circuits très courts pour les écouler rapidement… Nous restons sur un bon équilibre.

Quel impact a la canicule sur votre activité ?

Y.B. : Nous avons des marchés qui sont chahutés comme le concombre ou la tomate, par exemple. C’est impactant pour nous au niveau de la distribution mais c’est surtout au niveau de la production que c’est compliqué. Nous sommes très vigilants et inquiets pour les prochaines semaines et prochains mois, car il y aura des répercussions sur les futures productions. La canicule continue, la sécheresse sévit. Nous avons conscience que nos clients ont également des difficultés à pouvoir payer les prix lorsqu’ils augmentent. Cela fait quelques années que nous vivons crise sur crise.

O.F.-F. : Il y a une nécessité à travailler tous ensemble pour soutenir la production française. Cette crise se répétera avec des sujets de production en plein champ, d’irrigation, d’eau, de biodiversité… C’est là que notre rôle au sein de certaines instances, qu’elles soient fédérale ou confédérale sur la partie alimentaire, et tout le travail réalisé avec Interfel prend son sens. Ce n’est pas seulement un sujet de commerce mais un sujet de souveraineté, de résilience, de capacité à absorber les crises.

Où en est Vivalya en matière de RSE ?

O.F.-F. : Nous sommes sur la fin du projet avec l’Ademe, nous arrivons avec des plans construits afin d’atteindre ce fameux net 0 en 2050. Nous l’avons compris et nous mettons des opérations en place pour infléchir cette courbe de gaz à effet de serre. Le deuxième point est lié à la démarche RSE et aux labels. Nous avons des associés qui progressent et qui sont certifiés, à l’image du réseau Provence Dauphiné labellisé Engagé RSE. Il y a eu plusieurs labellisés cette année et il y en aura certainement d’autres en 2027. Il y a une vraie volonté de passer à l’action. 

Avancez-vous également en termes d’outils digitaux ?

O.F.-F. : Évidemment il y a l’IA qui arrive à grand renfort de communication. Évidemment nous avons notre plateforme commerciale et de communication Lavieadugout.fr qui continue de progresser car c’est important. Nous avançons aussi sur la digitalisation des factures. La question est : où est-ce que nous allons mettre de la digitalisation ou de l’IA, à quel dosage et à quelles fins ? Nous sommes dans cette phase de réflexion. 

Y.B. : Lavieadugout.fr reste notre outil tourné clients, il est très important et nous le renforçons. L’IA nous permet d’offrir encore plus de services.

Quels sont les projets et leviers de croissance pour l’année à venir ?

O.F.-F. : La diversification doit continuer, la RSE et le label Antigaspi poursuivre leur chemin. Si nous parvenons à accélérer, tant mieux. Il n’y a pas de grand plan à annoncer, nous renforçons ce que nous sommes, nous le réaffirmons, nous soutenons la production et nos clients évidemment. Nous allons encore mieux communiquer avec un véritable esprit de réseau. Nous préférons de petits pas que de grandes annonces.

Y.B. : Nous ne révolutionnons rien, nous poursuivons nos actions. Nous sommes sur la bonne voie. Nous continuons à travailler avec le plus de producteurs locaux possible afin de leur permettre de vivre correctement. Nous ne sommes ni des champions de l’import ni de la massification, nous sommes 73 entreprises au service de milliers de producteurs et de dizaines de milliers de consommateurs. La communication est également un point crucial : la prise de fonction d’Olivier Feno-Feydel à l’UNCGFL ou à la CGF Alimentaire permet de nous faire mieux connaître, mieux respecter et que l’on nous considère comme un vrai partenaire de construction et d’avenir. Cela fait quelques années que l’on a compris qu’il fallait le dire pour être entendu.
 

Chloé Labiche, rédactrice au sein de Zepros Resto et Zepros Distributeurs RHD. Rubriques Indépendants, Chaînes et Groupes, Distributeurs Foodservice, Actus Métiers, Fournisseurs.
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