Boulangerie et restauration, un enjeu politique à l'approche des municipales

, mis à jour le 21/02/2026 à 22h14
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Elections

La boulangerie demeure souvent le dernier commerce du village. Sa disparition peut alors entrainer la mort d'une localité, marquant la fin de toute forme d'attractivité. Une issue contre laquelle de nombreux édiles tentent de se battre, parfois en allant jusqu'à acquérir des murs pour offrir des conditions privilégiées aux artisans. Au delà d'un sujet d'aménagement du territoire, le modèle adopté par la filière boulangère, mais également par les métiers de la restauration dont elle se rapproche désormais, revêt des enjeux politiques à quelques semaines des élections municipales.

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A Autry-sur-Juine (45), le maire Christophe Guerton se bat depuis plusieurs années pour renforcer la vie de sa commune. Face à la disparition des commerces de proximité, l'élu - qui est également agriculteur - a fait le choix, aux côtés de son conseil municipal, de financer et construire une boulangerie municipale. Une décision forte alors que le territoire était privé d'un tel vecteur de lien social depuis près de quatre ans, suite au départ à la retraite du boulanger en 2020 du village, et qui a abouti sur l'ouverture du nouveau commerce en janvier 2025. La situation de cette commune du Loiret est bien loin d'être isolée, et la thématique s'invite désormais dans les débats liés aux élections locales. Face aux difficultés que peuvent rencontrer les artisans indépendants en ruralité, liées notamment à la désertification et au développement de la concurrence, le sujet du maintien de la boulangerie au sein de ces territoires se pose avec force. 

Des approches vertueuses poussées côté restauration

Aux yeux de plusieurs organisations évoluant dans le secteur de la restauration, désormais proche de celui du pain de par le développement du snacking, les élus doivent créer un environnement propice au développement des entreprises. Le Groupement des Hôteliers et Restaurations de France (GHR) a ainsi publié un livre blanc, pensé comme une "boite à outils" à destination des candidats, afin de promouvoir plusieurs idées : fiscalité locale, concurrence, logement, aménagement urbain... autant de sujets clé pour permettre aux entreprises de simplifier leur quotidien, et garantir un fonctionnement optimisé. Même logique du côté d'Ecotable, qui considère que "la restauration commerciale demeure le parent pauvre des politiques publiques" et appelle les municipalités à agir pour "créer un cadre favorable à une restauration commerciale de qualité, sans opposer transition écologique, justice sociale et viabilité économique". Sept mesures, associant des aspects économiques, logistiques ou encore humains, ont été élaborées par l'organisation qui labellise des restaurateurs engagés dans des pratiques durables. Favoriser le tri des déchets par des subventions incitatives, création de marchés d'intérêt local, interdiction de la publicité pour la malbouffe... autant de propositions qui bénéficieraient également aux boulangers, tout aussi concernés par ces sujets.

Rémi Héluin, Rédacteur en chef du magazine Zepros Boul-Pat
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