Château Blanc, filiale industrielle du groupe Holder, sollicite un redressement judiciaire
Confrontée à un manque de compétitivité du fait de ses volumes de fabrication insuffisants, l'usine de Marcq-en-Baroeul (59) plombe l'activité industriel du groupe familial nordiste. Si les deux autres unités de Château Blanc sont, selon la direction, en bonne santé, c'est l'ensemble de l'entreprise qui doit désormais se réorganiser et envisager une évolution de son périmètre.
Avant de se renommer Château Blanc, l'entreprise fondée par Francis Holder, pensée pour approvisionner Paul et autres clients en pains, viennoiseries, macarons et multiples douceurs, se faisait appeler Moulin Bleu. Peu importe le bâtiment et sa couleur, la structure a aujourd'hui viré au rouge. Sur les seules années 2022 et 2023, elle aurait cumulé plus de 9 millions d'euros de pertes. En cause ? Le faible taux d'occupation des lignes de l'usine de Marcq-en-Baroeul. Dans un communiqué, le groupe a levé le voile sur la situation peu enviable du site, qui s'avère "sur-capacitaire avec un taux moyen d'utilisation de 37%". Sur fond d'explosion des coûts matière et énergétique, l'outil ne parvient plus à écraser ses charges. Pourtant, Château Blanc ne manquait pas d'ambition : depuis 2020, 50 millions d'euros ont été investis au sein de l'outil de production, avec la mise en service d'une nouvelle ligne de macarons en 2024 (pour un coût de 4,5 millions d'euros). Dans le même temps, le chiffre d'affaires global de l'entreprise a chuté, atteignant 89,7 millions d’euros, soit un niveau inférieur à celui observé dans les années 2010. Un repli d'autant plus dommageable que le chiffre aurait dû augmenter du fait de la hausse des prix de vente, liée à l'inflation. Le groupe Holder regrette de ne pas avoir pu "répercuter pleinement cette inflation sur ses prix de vente".
Une activité hybride appelée à être revendue
A l'inverse des sites de La Madeleine (59) et de Tilloy-lès-Mofflaines (62), qui réalisent la quasi-totalité de leur activité au service de l'enseigne PAUL, Marcq-en-Baroeul sert à la fois la marque phare du groupe et des entreprises tierces (pour 60% de son activité). Lors de l'audience prévue ce lundi 9 mars au Tribunal de commerce de Lille Métropole, les représentants de l'entreprise confirmeront la demande d'un placement en redressement judiciaire, en présentant un plan de continuation pour La Madeleine et Tilloy-lès-Mofflaines, avec la volonté de maintenir l'activité et les emplois... mais affirmeront également leur volonté de céder le siège historique de Château Blanc. "L’usine de Marcq-en-Barœul dispose d’atouts industriels solides, d’équipes engagées et d’un savoir-faire reconnu sur son marché. Nous croyons fermement en sa capacité de rebond. La recherche en cours de solutions de reprise vise à lui permettre de remplir tout son potentiel industriel aux côtés d’un nouvel acteur qui pourra lui apporter du volume pour assurer sa pérennité. Nous sommes déjà en discussion avec des acteurs du secteur qui ont fait part de leur intérêt pour le site.", indiquait la direction dans un récent communiqué.