Commerce de gros : des hausse de coûts très difficiles à répercuter
Entre février et juillet, plus de 75 % des grossistes ont vu grimper au moins deux de leurs postes de coûts suivants : transport routier de marchandises, collecte des déchets, emballages et prix des marchandises, révèle l'enquête flash de la CGF et Xerfi. Mais la répercussion reste minime : seuls 9,1 % des hausses ont été passées aux clients privés, 6,5 % au public.
La Confédération des Grossistes de France (CGF), en partenariat avec Xerfi, a mené une enquête flash sur les conséquences du conflit au Moyen-Orient. Entre février et juillet, plus de 75 % des entreprises interrogées ont enregistré des hausses sur au moins deux des quatre postes étudiés : transport routier, collecte des déchets, emballages et prix des marchandises. Une entreprise sur cinq a même subi une hausse sur les quatre postes.
Des coûts en hausse sur tous les postes
Les coûts du transport routier de marchandises ont progressé de 3,8 % en moyenne, devant les prix des marchandises (+2,7 %), les emballages (+2,1 %) et la collecte des déchets (+1,8 %). Près de 80 % des entreprises ont constaté une augmentation de leurs frais de transport, dont 28 % supérieure à 5 %. Pour les marchandises, près des trois quarts des grossistes sont concernés, dont 14 % par une hausse comprise entre 5 et 10 %.
Une répercussion très limitée
Auprès des clients privés, 38 % des entreprises n'ont pu répercuter aucune hausse subie. Au total, les grossistes n’ont pu répercuter en moyenne que 9,1 % des hausses de coûts subies auprès de leurs clients privés. Dans le secteur des produits agricoles et alimentaires, la situation atteint un niveau particulièrement critique : 43 % des entreprises interrogées n’ont pu répercuter aucune hausse de coûts auprès de leurs clients privés. La situation est encore plus critique dans la commande publique : 54 % des grossistes n'ont rien récupéré auprès de leurs clients publics, un chiffre qui atteint 76 % pour les produits agricoles et alimentaires. Au total, 6,5 % des hausses seulement ont été répercutées sur le public.
« Les chiffres sont sans appel : nos entreprises subissent des hausses de coûts qu'elles ne peuvent quasiment pas répercuter. Cette situation n'est pas tenable dans la durée. Elle l'est encore moins dans la commande publique », souligne Stéphane Antiglio, président de la CGF. Il ajoute que « les clauses de variation de prix ne doivent pas être théoriques ».
Des perspectives dégradées
Si le conflit se poursuit toute l'année, 50 % des entreprises anticipent une baisse de leur chiffre d'affaires : 35 % un recul entre 1 et 4 %, 15 % une baisse supérieure à 5 %. Seules 12 % envisagent une progression et 38 % une stabilité. La CGF représente 160 000 entreprises et près d'un million de salariés. L'étude est consultable sur le site de la CGF.