Restau'Co fête ses 60 ans avec un salon taillé pour les grands débats
Le 17 juin, le salon Restau'Co réunit à Paris Expo Porte de Versailles les acteurs de la restauration collective en gestion directe. Dans un contexte marqué par la loi UPSA et les débats sur la souveraineté alimentaire, le programme de cette 11e édition tombe à pic : filières, éducation à l'alimentation, sobriété énergétique, fait maison. Les sujets brûlants seront sur la table.
Soixante ans d'engagement, ça se fête ! Et ça se travaille, aussi. Le réseau Restau'Co a choisi de marquer son anniversaire non pas par un simple coup d'éclat, mais par un programme de conférences et de décryptages ancré dans les enjeux les plus concrets du moment. Le 17 juin, à Paris Expo Porte de Versailles, deux conférences et trois décryptages rythmeront ainsi la journée, auxquels s'ajoutera la remise des Trophées de l'Innovation Exposants dans les catégories "Alimentaire" et "Équipements & Hygiène". Un menu copieux, mijoté aux petits oignons !
La journée s'ouvrira logiquement sur le sujet qui occupe en ce moment tous les esprits du secteur. Alors que la loi UPSA est en cours d'examen au Sénat et entend précisément faire de la restauration collective un levier de reconquête alimentaire, la première conférence, "Territorialiser l'alimentation, un enjeu de souveraineté", tombe à point nommé. Autour de Christophe Mari, président de Restau'Co, se retrouveront des représentants des filières et des acheteurs publics. Les chiffres plaident d'ores et déjà pour la collective : dans la filière bovine, le bœuf français représente 73 % des achats, selon l'étude Interbev "Où va le bœuf ?". Christiane Lambert, présidente de la FICT et référente du groupe "viandes blanches" des Conférences de la souveraineté lancées par Annie Genevard, sera également à la table — un signal fort sur le niveau d'engagement attendu des échanges.
De la cantine à la salle de classe
Si la matinée regarde vers les filières, l'après-midi sera consacré les yeux aux convives de demain. La deuxième conférence, "L'éducation à l'alimentation, l'affaire de tous", s'inscrit dans une dynamique parlementaire récente : la députée Olivia Grégoire a impulsé une loi d'expérimentation pour un enseignement obligatoire d'éducation à l'alimentation à l'école. La question posée est simple, mais sa réponse ne l'est pas : comment faire du repas collectif un acte éducatif ? Cuisiniers, directeurs d'établissements, représentants de FranceAgriMer débattront du rôle que chacun peut jouer pour décloisonner restauration collective et communauté éducative. Un sujet que Restau'Co porte de longue date, et qui trouve aujourd'hui un écho politique inédit.
Entre ces deux temps forts, trois décryptages viendront creuser des sujets plus opérationnels, mais tout aussi décisifs. Le premier donnera la parole aux praticiens de la sobriété énergétique, avec un retour sur les travaux du cercle de réflexion animé depuis 2022 par Stéphanie Chevalier Lopez, Meilleure Ouvrière de France. Le gaspillage alimentaire, qui pèse près de 30 % du coût du repas en restauration collective, sera au centre des échanges. Le deuxième décryptage abordera le fait maison, dans le sillage de la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat, qui prévoit d'adapter sa définition à la restauration collective : un point d'étape attendu, alors que Restau'Co travaille activement à sa mise en œuvre avec le ministre Serge Papin. Enfin, les dix ans de la démarche Mon Restau Responsable, co-créée avec la Fondation pour la Nature et l'Homme, feront l'objet d'un retour d'expérience nourri : dix ans, 2 400 établissements accompagnés, près de 159 millions de repas concernés chaque année. Un bilan qui mérite d'être mesuré à sa juste valeur.