Interview de Jean-Gabriel Mollard, directeur de Sial Paris
Sial Paris, le salon international de l’agroalimentaire, se tiendra du 17 au 21 octobre 2026 à Paris-Nord Villepinte. Une édition qui s’annonce historique. Non seulement au niveau des chiffres, mais aussi car elle ouvre de nouveaux espaces consacrés à la street-food et à la « bakery et un hall entier dédié au snacking ».
Vous êtes le nouveau directeur du Sial Paris. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Quelles vont être vos nouvelles missions ?
En effet, je suis le nouveau directeur de Sial Paris (Comexposium), un salon que je connais très bien puisque j’ai travaillé durant 7 ans comme directeur marketing et communication. Ces dernières années, j’ai eu la chance de travailler en étroite collaboration avec Audrey Ashworth à la préparation et au développement de Sial Paris, ce qui me permet aujourd'hui d'aborder cette nouvelle responsabilité avec confiance et sérénité. À ce titre, je dois garantir le bon déroulement de l’édition 2026, qui s’annonce comme une édition historique et record.
Je vais développer le rayonnement du salon : nous voulons continuer à attirer des exposants et des visiteurs du monde entier, sans oublier la France. J’ai pour ambition d’approfondir l’empreinte et la visibilité du salon à la fois d’un point de vue sectoriel, mais également sur des segments qui étaient historiquement moins visibles comme la RHD.
Enfin, décrypter les mutations du secteur alimentaire pour accompagner les entreprises : l’alimentation vit des transformations profondes et notre rôle est d’offrir des clés de lecture, des rencontres, des outils pour aider les acteurs de ce secteur.
« L’édition 2026 de Sial Paris va battre tous les records : ce salon est “la” scène mondiale de l’alimentation. »
Quelles sont les grandes nouveautés de cette édition 2026 ?
2026 est une édition qui bat des records : nous attendons 8 000 exposants de 130 pays, sur 280 000 m², avec plus de 400 000 produits exposés. Ces chiffres affirment une nouvelle fois que Sial Paris reste « la » scène mondiale de l’alimentation.
Il y a également des nouveautés qui, je crois, vont vraiment marquer cette édition.
La première, c’est StrEat Lab : un espace de 600 m² entièrement dédié à la street-food et à la RHD. Nous avons voulu créer une véritable immersion, avec un décor de rue, des stands de dégustation de concepts street-food innovants, des live cooking, des animations… Les exposants pourront y présenter leurs produits en situation réelle, et faire goûter. C’est aussi là qu’on dévoilera les résultats d’une nouvelle étude sur la street-food, avec des insights très concrets.
Ensuite, il y a Sial Bakery, une véritable boulangerie de 85 m², que nous avons pensée comme un lieu de rencontre et de convivialité au cœur du salon. Les visiteurs et exposants pourront y découvrir des démos et des ateliers.
Nous avons aussi imaginé Sial For Change, un espace d’animations autour de la RSE : conférences, tables rondes, témoignages… On y parlera de gaspillage, d’emballages durables, de circuits courts, de bien-être, etc.
Et enfin, nous avons développé un hall à part entière pour le snacking et les produits traiteurs. Une réponse directe à la montée en puissance de ces segments et à l’attente des professionnels qui veulent voir, comparer et sourcer ces produits dans un espace qui leur est consacré.
Cette édition 2026 s’ouvre au snacking et à la street food : pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, en effet, ces sujets nous tiennent vraiment à cœur cette année car ces segments ont explosé et reflètent des changements profonds dans nos habitudes de consommation.
Dans notre cahier Sial Insights, on voit que 10 % des consommateurs dans le monde (et 4 % en France) déclarent remplacer de plus en plus souvent des repas traditionnels par des collations tout au long de la journée. Au-delà des chiffres, on voit qu’un faisceau de tendances est en lien avec le snacking (personnalisation de l’alimentation, végétalisation attendue en snacking, influence du digital, porosité entre les différents modèles de consommation). Il était donc important pour nous de donner une place forte à ces tendances dans le salon.
Quelles grandes tendances se dessinent ?
La première serait l’alimentation fonctionnelle. Les consommateurs ne veulent plus juste se nourrir, ils cherchent des aliments qui leur font du bien : santé digestive, immunité, énergie, gestion du stress, sommeil… Nous voyons arriver énormément de produits enrichis, de boissons fonctionnelles, de snacks avec une promesse santé-bien-être.
La deuxième, c’est le végétal qui est une dynamique de fond. On a un élargissement très marqué de l’offre. Bien sûr des alternatives à la viande de nouvelle génération qui corrigent les erreurs des précédents mais aussi beaucoup de produits qui s’assument sans chercher à remplacer de la protéine animale, notamment à base de légumineuses ou de céréales anciennes.
La troisième tendance, c’est la fragmentation des repas. Moins de repas structurés, plus de moments de consommation dispersés dans la journée. Ça impacte tout : les formats, le packaging, la distribution, la R&D.
Enfin, il y a l’expérience sensorielle. Les gens veulent du plaisir, de la découverte, de la personnalisation. Ils veulent des produits qui racontent une histoire, qui éveillent leurs sens, qui les surprennent. Ça se traduit par des innovations en saveurs, particulièrement dans une recherche d’intensité, en textures, en formats, mais aussi en expériences de marque.
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Combien de visiteurs attendez-vous ? Quel est le profil du visiteur ?
300 000 professionnels sont attendus sur les cinq jours du salon. 30 % de visiteurs français et 70 % d’internationaux, venus de plus de 190 pays. On y retrouve tous les acteurs de la chaîne : foodservice, RHD, distribution, industrie, investisseurs.
Des profils très qualifiés : 92 % sont décisionnaires, et 81 % des acheteurs réalisent des transactions pendant ou après le salon. Donc oui, c’est un lieu de rencontres, de business et de veille, où les professionnels viennent à la fois pour sourcer, vendre, s’informer et s’inspirer.
Sial Paris en chiffres
- 8 000 exposants
- 280 000 m² de salon
- 400 000 produits exposés
- 190 pays visiteurs
- 100 Md€ : le pouvoir d’achat cumulé des Top Buyers du salon (les 10 % de visiteurs ayant la plus grande capacité d’achat)
- 2,5 md€ de retombées économiques en France (Calculateur Cleo de l’Unimev)
- + 100 délégations institutionnelles françaises et internationales (ministres, ambassadeurs, parlementaires, élus…) sont présentes.