Comment concilier alimentation et climat : en consommant moins de viande !

Claire Cosson
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assiette de viande avec poivron et tomate

Dans une étude publiée le 20 février, les deux associations, Réseau Action Climat et la Société Française de Nutrition, invitent les pouvoirs publics à réviser les recommandations du PNNS dans la Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat, dans la perspective de mettre en place un PNNS-Climat pour traiter de façon cohérente les enjeux climatiques et nutritionnels. 
 

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Incroyable, mais vrai ! Selon notre confrère Le Figaro, à peine sa prise de fonction bouclée, Gabriel Attal, a fait supprimer le menu végétarien hebdomadaire servi dans les cantines de Matignon. Bel exemple pour toutes les cantines scolaires qui sont obligées de proposer un menu végétarien depuis le 1er novembre… Pas mal non plus pour les auteurs de l’étude publiée le 20 février par Réseau Action Climat et la Société Française de Nutrition. D’autant plus que cette dernière incite de manière urgente les pouvoirs publics à revoir les recommandations du Programme national nutrition santé  (PNNS) et à diminuer la consommation de viande pour respecter les enjeux climatiques dans laquelle la France s’est engagée. Selon ces deux associations, « en France, après deux décennies de baisse entre 1990 et 2012, la consommation de viande par habitant affiche une légère hausse depuis une dizaine années : elle a progressé d’un peu plus de 2 % entre 2013 et 2022. » « Finalement, la quantité de viande consommée par habitant en France est aujourd’hui deux fois supérieure à la moyenne mondiale », soulignent les auteurs. 
Alors pour parvenir à inverser cette tendance, les deux organisations préconisent une « actualisation » des objectifs du PNSS. « Les recommandations du PNNS ont été élaborées en prenant en compte les enjeux de nutrition et de santé humaine, mais pas les enjeux environnementaux », martèle l’étude. Et de poursuivre, « la révision du PNNS est nécessaire pour que la France, pionnière lors de sa création en 2001, rattrape son retard par rapport aux autres pays. En effet, en 2023, les recommandations alimentaires de 25 États prenaient déjà en compte, de façon plus ou moins complète, les enjeux environnementaux (dont l’Allemagne, la Belgique, le Danemark, l’Espagne et l’Italie). »

Nous recommandons de ne pas consommer plus de 450 g de viande par semaine, incluant l’ensemble des viandes : viande rouge (bœuf, porc, etc.), volaille, charcuterie et autres viandes transformées (saucisses, cordons bleus, etc.), en précisant que la consommation de charcuterie ne doit pas dépasser 150 g par semaine (conformément à la recommandation du PNNS 4 sur la charcuterie).
 

Pas plus de 450 g de viande par semaine

L’étude formule des propositions concrètes pour faire évoluer les recommandations alimentaires du PNNS, en invitant en particulier « à ne pas consommer plus de 450 g de viande par semaine (toutes catégories de viandes confondues (bœuf, porc, volaille, charcuterie, etc.), et à consommer des légumineuses (lentilles, pois chiches, haricots secs, etc.) et deux petites poignées de fruits à coque (amandes, noix, etc.) chaque jour. » Ces propositions s’appuient sur une analyse comparative des recommandations alimentaires des pays ayant intégré les enjeux environnementaux, et sur une série de modélisations de régimes alimentaires. « Les résultats de nos modélisations montrent qu’il est possible de réduire de 50 % la consommation de viande tout en satisfaisant l’adéquation nutritionnelle et sans avoir recours à des produits enrichis ou à des supplémentations », concluent les auteurs.

Rapport Réseau Action Climat

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Claire Cosson
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