Le label HVE attaqué par le bio

Claire Cosson
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label HVE

La Fédération nationale d’agriculture bio (FNAB), l’UFC-Que Choisir et d’autres associations de consommateurs et de défense de l’environnement ont saisi le Conseil d’Etat afin d’attaquer le label d'Etat Haute Valeur Environnementale pour tromperie.
 

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Un petit papillon, une sympathique ferme au cœur d’un champ ensoleillé : le label agricole Haute Valeur Environnemental (HVE), dont la certification de niveau 2 entre dans les critères de monter en gamme assignés à la restauration collective depuis le 1er janvier 2022, incite à la confiance. Encore peu connu d’ailleurs des consommateurs, il fleurit partout sur la viande, les fruits, le vins, les légumes, les pâtes… Reste que ledit label s’apprête à passer un mauvais quart d’heure. Alors que le gouvernement vient de modifier son référentiel, un collectif composé d’associations de défense des consommateurs, de l’environnement et de la santé, d’agriculteurs et d’entreprises biologiques, a saisi, ce lundi, le Conseil d’Etat. But de la manœuvre : « faire reconnaître la tromperie du consommateur qui dure depuis plus de 10 ans et mettre un terme au greenwashing entretenu par cette mention » selon les requérants.
Ces derniers s’appuient sur des études produites par l’Office Français de la Biodiversité et l’IDDRI qui démontrent que le contenu du label HVE n’est pas plus exigeant que la moyenne des pratiques agricoles françaises, même compte tenu des modifications récentes du référentiel. Le collectif, auquel participent notamment l’UFC-Que Choisir et la FNAB, souligne en outre que « le respect des règles environnementales de base de la Politique Agricole Commune n’est pas exigé ». Mais plus grave encore, il constate que « l’utilisation d’intrants chimiques comme des engrais et pesticides de synthèse particulièrement néfastes pour l’environnement ou pour la santé humaine reste autorisée ! »
Selon les requérants, le problème c’est qu’en l'état actuel, et alors que le label HVE est de plus en plus apposé sur les produits, il n’est qu’un label trompeur pour les consommateurs et les citoyens en général qui y voient, par méconnaissance, un modèle agricole ayant un impact positif pour l’environnement. « L’enjeu de notre recours collectif est de démontrer que malheureusement c’est loin d’être le cas et qu’il n’est pas acceptable de faire perdurer un tel mensonge », déclarent les attaquants.

Claire Cosson
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