Marchés publics : le bio peine à décoller
L'Observatoire Ytera révèle que seulement 6,3 % des montants de marchés publics de denrées alimentaires sont consacrés au bio en 2024, bien loin des 20 % imposés par la loi.
L'écart entre ambitions et réalité persiste. Selon la troisième édition de l'Observatoire des marchés publics de denrées alimentaires publiée par Ytera en octobre, la part du bio dans les marchés publics stagne dangereusement. Sur les 3 122 marchés analysés, représentant 1,4 M€, seuls 166 concernent des produits bio, soit 5,3 % en nombre et 6,3 % en montant. Ces chiffres restent très éloignés de l'objectif légal de 20 % minimum de produits bio imposé depuis le 1er janvier 2024 par les lois Egalim et Climat et Résilience. Même si une hausse de 21 % est observée par rapport à 2023, la progression demeure insuffisante pour respecter les obligations réglementaires.
Vente directe faible
Pour ce qui concerne l’approvisionnement local, il tire bien son épingle du jeu avec 53,9 % des marchés attribués à des fournisseurs du département ou limitrophes, représentant 65,2 % des montants. Une progression de 15 % qui témoigne d'une réelle volonté de territorialisation des achats publics. En revanche, la vente directe reste marginale : 1,9 % des marchés seulement sont attribués directement à des producteurs, pour 2,6 % des montants. Un résultat qui souligne les difficultés d'accès des producteurs en circuit court aux procédures de marchés publics au-delà du seuil de 40 000 euros.
Méthodologie : L'étude s'appuie sur l'analyse des données essentielles de la commande publique publiées en open data, obligatoires pour les marchés supérieurs à 40 000 euros HT. Les marchés ont été filtrés selon les codes CPV "produits agricoles" et "produits alimentaires". Les indicateurs bio, local et vente directe ont été calculés par recoupement avec les bases SIRET, l'API Professionnels Bio de l'Agence Bio et l'analyse des libellés de marchés.